la vie en 24/36

matins pleins


 

Je voudrais que tous mes matins soient pleins,

Qu’ils soient satisfais

Non pas de l’accumulation des choses et des certitudes

Non non non

Qu’ils soient justes reconnaissants,

Pleins de ce soleil mouillés baudelairien

Ou alors de ces frimas qui font de la dentelle avec les arbres et les animaux

Ou alors de cette certitude d’exister tout simplement

D’avoir encore de l’encore

De croire encore que l’on peut croire

Pleins de petite vie, toute petite, toute cachée dans les bois,

Dans les petits chemins,

Dans les orées des bois,

A la sortie des petits villages

D’être juste une ombre sur la grève

Un bonnet de marin qui dépasse du plat bord

Un dos courbé sur la terre

Plein de lumière, de froid ou de chaleur peu importe ! Mais plein !photo-065.jpg

 

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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 19:06

Ce soir comme j’aurais aimé être seul !!!!!    !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


06-12-25-09-571.jpgOui comme j’aurais aimé retrouver la douce chaleur du foyer d’une veille cheminée aux linteaux noircis, avec cette bûche qui se meure dans un faible rougeoiement, parmi les cendres du feu de la veille qui m’on vues s’endormir sur mon livre

Oui ce soir j’aurais aimé rentrer, poussé par la bourrasque, et que la porte de vieux chêne grince en se refermant.

Ce soir j’aurais aimé bousculer le « bonhomme crépuscule d’hiver » pour ranimer mon feu et savourant le fort breuvage (gwin-ardent en breton), chercher la page qui s’est rabattue après mon sommeil impromptu.

Ce soir j’aurais voulu préparer des œufs fris et du lard avec une bolée de cidre comme mes ancêtres puis rester auprès de l’âtre comme jadis ; à la lumière faible et apaisante du foyer j’aurais discerné quelques lignes avant de sombrer dans les songes d’une nuit d’hiver.

Mon lit clos m’attendrait, mais je repousserais le moment de m’y cacher.

Au lieu de cela je prêterais l’oreille aux bruits de la nuit, chat huan et autres bestioles sympathiques ; si j’avais la chance d’habiter tout près de la mer de surcroit je me laisserais bercer par le ressac des vagues monotones brisants siècles après siècles le granit de notre rivage. Je crois que je fumerais encore et que j’allumerais ma pipe bourrée de tabac brun et acre qui appellerait une autre bolée de cidre.

Enfin quand j’irais me calfeutrer dans mon lit clos ,la fatigue accumulée me bercerais comme une tendre et permissive mère.

Avant de sombrer j’aurais une pensée pour mon petit côtre amarré en bas dans le ria à l’abri de la mauvaise « mer » !!!!!!!

Mes paupières lourdes regarderaient encore une fois la belle lumière crépusculaire du solstice d'hiver  quand le soleil tombe dans la mer comme aux caraïbes.

Ce soir en poussant la porte  comme j’aurais aimé être seul !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

 

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Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 19:45

god-jesus-christ.jpgJ’allume la radio et un journaliste s’interroge sur les propos de NK qui considère que la religion n’a pas que vocation à spiritualité mais également à résoudre les problèmes sociaux de notre pays y compris les banlieux par la multiplication des lieux de culte , mosquées en particulier , dont il convient qu’elles soient financées par l’état .

Marion arrive et allume la télé où un reportage montre une SG toute de blanc vêtue le regard révulsé d’extase dirigé vers des cieux divins affirmant qu’elle se sent « investie, et parlant avec un émotion des joies de l’éducation paramilitaires dont elle a bénéficié dans l’enfance et de son pays natal l’Afrique où sa vie de colon post moderne l’a probablement conduit à une vocation Albert schwertzierienne

Je prend la voiture pour aller au travail et je fais un détour pour donner un cadeau à un ami ; je passe devant le temple des témoins de jéhova , puis j’enfile la rue de funas faisant un écart pour éviter une femme en gurka tenant à la main sa fille pareillement habitée et suivant avec déférence son barbu de mari en pantacourt et calot blanc ;

C’est vendredi jour de la grande prière ; rue de la libération il y a 3 mosquées et je croise des groupes d’homme en costume ou vêtement traditionnel palabrant avec de vénérables barbus .

Je passe devant l’église de jallieu ou un parterre d’élus locaux attend l’arrivée du cercueil d’un notable récemment décédé ; en face la cloche de la maternité catholique sonne joyeusement matine pour le rassemblement des sœur  ; sur ces entre fait une sœur en aube blanche rentre au volant d’une  rutilante 307 dans la cour pour ce précipiter à la cérémonie .

Je passe devant le temple protestant qui est fermé ;

J’arrive à la maternité ; un mari me salut joyeusement portant la main droit à la poitrine comme cela se fait chez les musulmans, je lui répond par un tout aussi joyeux chuss !

On a réunion sur le medipôle : ah, ah ah ; il y a un grincheux qui demande pourquoi c’est les petites sœurs qui font la première page du Dauphiné pour un medipôle à leur usage exclusif versus une hypothétique rapatriement sur les mêmes lieux de l’hôpital en 2011. L’article est dithyrambique en nous rassurant sur le fait que selon la tradition de cette confrérie une cloche est prévue pour sonner à chaque naissance ; ouf !

Notre surveillance protestante convaincue au physique de quaker se félicite que maintenant tout le personnel infirmier féminin est en pantalon non sans s’inquiéter néanmoins que les décolletés sont parfois encore un peu dégagés ;

J’ai faim et je demande un plateau ; on me demande musulman ou non ? je répond : breton si possible !!

Dans la salle d’attente conversent tranquillement des femmes voilées , tandis que la secrétaire attarde son regard sur un porteur d’une volumineuse croix de bois en pendentif .

Mon confrère m’accoste en me demandant si je connais quelqu’un qui pourrait le pistonner pour faire accepter son fils au collège saint Michel vu que la carte scolaire l’oblige à le mettre dans un collège chargé d’assurer la mixité social ( je cite ) et comme il n’est pas enseignant et ne connais personne pour lui faire bénéficier d’un passe droit voilà voilà ; problème à saint Michel il est sur liste d’attente ! Vive la république !

Je me saisis du monde ; voyons voyons :

Une proposition de SG /

Une scolarité obligatoire dès trois ans ( pacte présidentiel ) contraindrait les communes à financer les maternelles privées tiens tiens ???

Un centre anti IVG créé en vendée par Philippe de Villier

Pologne : le père Isakowicz Aleski livre ses secrets sur l’église et sa collaboration avec le régime communiste

Bon j’en ai assez

Ce soir tenue chez les franc mac

Je me demande si on va parler de laïcité ???

 

Par anton ar gwillou
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 11:29

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Hé bien voilà ! Je suis monté pour la vente de la maison et la liquidation des biens ; moment de résilience où chacun se souhaite bonne chance.

Qu’il y a t –il de plus sinistre qu’une maison vide où on été vécues, pourtant, ces choses si  dures ; à ce moment là , une saumâtre amertume m’envahit.

Je suis allé chercher les caisses empilées de mon ancienne vie, pleines de papiers jaunis et surtout de livres ; « des livres encore des livres toujours des livres murmurerait elle »

En triant un peu avant de charger j’ai retrouvé l’ours en pluche de mon enfance ! Ne riez pas ce fût pour moi un violent choc émotionnel. Comme un furieux vent du passé, qui telle une bourrasque, m’a bousculé, me poussant contre le mur du temps passé.

Peu de jouets, peu de choses, ont survécu aux nombreux déménagements de mes parents, mais je n’aurais jamais imaginé retrouver cette petite peluche rabougrie rafistolée. Un bouton pour l’œil droit, je vois encore ma mère en un bref moment de complicité le coudre, un petit pull sans manche que j’avais moi-même tricoté, laborieusement réparé par de gros points, et divinatoires prémices, les quelques points de suture qui fermèrent son thorax !!! Les images de mon enfance se bousculaient, depuis la petite cuisine de "l’école des champs » en passant par la triste chambre de la résidence Marise Bastier  à Tours, jusqu’au pavillon d’Evron qui signa la fin de sa tendre mission auprès de moi ;

J’ai du mal à décrire ce curieux sentiment qui littéralement me broya. Ce qui s’impose à moi ce sont les « compressions » de Cesar ! J’avais l’impression que ce petit ours avait fait de ma première vie une « compression »L’émotion comprimée tentait de sortir, je sentais cela dans la gorge et le battement des mes paupières faisait glisser un petite goutte en forme de soupir.

Toute cette tendresse après laquelle j’ai couru si longtemps venait soudainement réclamer son dû. L’amertume, le dépit, le gout amer de la désillusion, autant de démons qui hurlaient à ma mémoire . M’appelèrent alors : la noirceur des murs du lycée Ambroise Paré qui tua, mon innocence, les vertes années qui ont fuit dans les brumes des ruelles du vieux Laval et dans les allées du jardin de la Perrine, les longues années de, médicales études, qui cueillirent un à un les fruits de mon arbre à illusion, le cœur dont la brèche s’agrandissait tous les ans, le vent du précipice dans lequel on tombe. Cette vague obscure me faucha dans cette sombre pièce froide et humide où s’entassait les bois flottés du naufrage que fût cette première vie.

Il ya deux mots qui me revinrent alors à l’esprit, deux mots qui disent combien était inaccessible ce que je cherchais et attendais, deux mots  qui creusèrent  les douves du château où ma mère se cachait : « Objet transitionnel » ! C’est ainsi que, mes enseignants de parent, nomment un « doudou » ……………………………………………………….

 

 

Par anton ar gwillou
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 23:34
 

C'est noêl !

 

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En traversant la place de la mairie , où les forains ont installé leurs manèges et autres attractions , les effluves des friandises bon marché qu'ils vendent , tels la madeleine de Proust , ont rappellé à ma mémoire les noêl d'antant , ceux de ma petite enfance .

Au même moment je croisais ce couple pathétique de l'enfant qui pleurait parce qu'il voulait un autre tour de manège et de sa mère qui lui « criait dessus » .

Toutes ces images tendrement ou douloureusement enfouies dans les strates anciennes de ma mémoire remontèrent alors à la surface .

La mémoire est très cinématographique : elle projette sur l'ecran de notre conscience , pour paraphraser Nougaro , ces « rush » que la vie a jeté .

Il y a eu de ces noêls si parfait pour un coeur d'enfant , religieusement élaborés par les officiants parentaux , qui voyaient ce long cérémonial tendre vers une joviale eucharistie . Cela commençait par l'ouvrage culinaire maternel si bien rôdé , qui emplissait la maison de ces parfum de mets rotis ,ne laissant aucun espoir de surprise quant au menu scrupleusement répété année après année tel une évangile roborative .

Nous , mon frère et moi participions à la fête annoncée en chantant la messe ; allant jusqu'à rédiger d'une main maladroite au crayon de couleur « bagnol et fargeon » les fameux menus du réveillon , « festin de roi » comme disait mon frère .

Invariablement mon père rappelait « l'orange de jean geheno », à nos jeunes oreilles impatientes .

Nous nous quittions bien vite pour une nuit agitée ,chacun révant à ce qui ne devait pas être une surprise .

Le matin , les froids relents des agappes , se mêlait au parfum délicat du sapin et comme des millions d'enfant nos yeux exorbités de bonheur découvrait ces paquets multicolores en équilibre instable sur les charentaises familiales .

Il y eu ensuite ces noêls pathétiques où chacun tentait déséspérement de maintenir à flot « l'arche de noêl » qui devait nous emmener tous vers cette improbable terre émergée des romans familiaux .

Cela commençait pareillement par les effluves cuisinières qui espéraient stimuler la joie de retrouver ces simples et parcimonieuses denrées que seule la fête de la nativité autorisait . Mais le monde et nous même avions changé, la vie etait passée par là et ces plat naifs avaient un goût de cendre ; ainsi c'est avec létargie que nous nous levions pour découvrir l'impossible surprise que cachait les papiers rouges et or que nous avions nous même disposé le soir ,après ce repas dont chacun ressentait le fragile oeucuménisme .

Et puis il y eu d'autres noêl en lambeau , déchirés aux quatres coins de la france , des noêls sans famille .

Il y eu mes premiers noêl de médecin , où l'on réalise ce que cette fête a de cruel .

Et encore des noêls absurbes ;

enfin , une autre chance de revivre des noêls enfantins que la vie m'a offerte avec Maria .

C'est moi aujourd'hui contre toute attente qui habille le sapin , décort la maison et prépare le repas du reveillon ; c'est moi le sinistre et cynique misantrope qui menace mes filles des sanctions « santaclausiennes » parce que leur chambre est dans un désordre bien naturel .

Je regarde le ciel espérant la neige pour que mes petite terreurs cherchent les traces du traineau .

Voilà c'est finalement l'esprit de noêl !

Par anton ar gwillou
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 23:40
 




Qui n'a pas ,enfoui dans sa mémoire ,de ces terreurs enfantines , comme ces deux marches d'un escalier dont on ne voit pas les suivantes , gardiennes d'infernales profondeurs , que l'interrupteur défectueux nous promettait en expirant , pendant que la voix paternelle injonctive attendait la remontée de la carafe de cidre depuis la tellurique réserve ?

N'avez vous point , tremblant ,entrebâillé la porte de ce grenier sombre et poussiéreux ,habité par une chouette satanique ?

Que dire de ce cabinet secret d'une maison ancestrale , seulement habité d'un fantôme ô combien familier , sans lumière électrique, pour dissiper les ombres tristes de ceux qui errent encore là où ils vécurent ?

Il y a aussi les vielles folles du fond des villages de nos temps enfantins , les ermites terribles de la dernière maison du village , les « cheminots » prompt à dégainer une lame corse , et puis encore ces bêtes lucifériennes qui errent dans les sous bois rustres de mon enfance quand on ne débroussaillait pas pour prévenir les incendies .

Dans mon enfance à moi, semi campagnarde, semi citadine , il y avait encore tout un monde de peur de légendes ,de merveilleux aussi , qui donnait à ma petite vie cette épaisseur que nos génération matérialistes et mercantiles ne sauraient imaginer ailleurs que dans un film de Wall Disney .

Les anecdotes remontent à la mémoire , dans leur naïve acceptation , témoignage d'une société encore à dimension humaine .

Notre monde d'enfant à la Jacques Tati avait encore à ses confins des terra ingognita òu des explorateurs tintinophiles à casque colonial s'aventuraient pour nous rapporter au cours de seances cinématographiques conférencières des visions simplistes et « moralifères » de peuples et de continent encore inaccessibles par la distance que les charter ne franchissaient pas encore ,distance rassurante et protectrices des cannibales , des fauves , et autres reducteurs de tête .

Et puis il y avait la guerre encore bien présente sur d'autres continents asiatiques qui nous faisait fuir le journal télévisé , car la nôtre n'etait pas si loin pour que nos parents nous y entrainent à chaque vacance pedagogique ou à chaque dominicale mais neanmoins instructive promenade ,en voiture « aronde » sortie du garage, pour l'occasion .

Tout pétri d'une laique et anticléricale éducation je n'en avais pas moins les mêmes superstitions que mes compagnons de jeux , et pour rien au monde je ne me serais amusé à de ces jeux blasphématoires en ces lieux saint que l'on m'interdisait au nom d'un catéchisme tout aussi sectaire que l'autre

Il y avait des ces terreurs sacrées mais aussi de ces quotidiennes terreurs de la petite enfance ; il me revient cet épisode marqué à jamais dans ma mémoire pourtant de juste quelques années .Dans cette douce et campagnarde petite enfance , un jour un artisan est venu réparer la chaudière de l'école qui du reste se trouvait sous le preau dans un sombre et suspect local où je n'aurais jamais eut l'idée de mettre les pieds ; pas d'école maternelle pour moi, aussi pendant que mes parents enseignaient :j'errais dans l'école paternelle furetant et curieux de tout . Je m'approchais de ce geant à « clef de 12 » .lequel amusé ,me demanda si je voulais lui donner un « coup de main » ? Je m'enfuit alors sous le coup d'une peur panique à l'idée de ce que je supputais que l'on voulut me faire faire !!

Ce petit monde de l'enfance , nullement démystifié comme celui des générations actuelles , etait imprégné d'une magie affectueuse , laissait la place au rêve , mais aussi apprenait l'inacessible , disait les limites des cercles sociaux auquels on appartenait , suggérait neanmoins ces pont de courages que l'on pouvait décider de franchir un jour pour aller approcher ces rêves .

Ainsi nos peurs et terreurs jalonnaient et balisaient le chemin de nos petites vies , et comme des victimes complices et consentantes se laissaient vaincre plus ou moins facilement poussant à chaque fois un peu plus loin l'impétrant de la vie .

 


Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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