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  • : alceste , pensées d'un médecin atypique
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 ma vie a été un peu chaotique 
 je suis un chercheur de vie , voici mes réflexions mes textes
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 16:02

 

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dimanche 2 janvier 2011

En ce début d’année , chacun y va de ses pieuses résolutions dont il est bien entendu qu’elles ne peuvent être tenues et c’est pourquoi on en fait une telle publicité .

Quant à moi mon éducation que d’aucun qualifieraient d’austère ( au point que j’ai pour surnom « le puritain » parmi mes patientes ) ,je ne peux promettre que ce que je sais pouvoir tenir . Alors je ne promet rien , je ne fais que réfléchir à cette année passée .

Dans ma vie , cette fracture ( ce mot je l’empreinte au titre d’un livre « fractures de vie «  écrit par Charlie Bauwer , un « criminel » de la trempe de Mesrine ( les guillemets ont leur importance ) mais je n’en dirait pas plus , lisez le .Cette fracture ,disais je donc , qui m’a a vu choisir entre mourir et me battre ( je ne plaisante pas )a complètement détruit mon égo , a complètement remanié mon essence profonde .J’ai appris à renoncer , à baisser les yeux , mais pas renoncer à cette dimension altruiste de l’être ,non bien au contraire ,renoncer à l’autre part sombre et égocentriste ,à baisser les yeux non par lâcheté , mais bien au contraire par courage ,quand il le faut pour aller plus loin dans une cause ou un combat ,quand cela est plus cruel ou plus dur que la violence d’une révolte primaire et inutile .En bref apprenant à mourir j’ai compris comment vivre debout .

Je me dit qu’il y a encore un combat pour moi , un combat de l’ombre qui me verra aller vers ceux qui n’ont rien pour être leur médecin ; les causes ne manquent pas : il y a « BOPAL » en inde , il y a Emmaüs , ATDquart monde etc etc .

Le temps qui me restera à vivre je voudrais le donner , et je sais que Maria qui comme elle dit a été trouvée dans une poubelle là bas au chili de Pinochet ne fera rien pour m’en empêcher . C’est quelque chose dont nous aurons à parler probablement le moment venu . Mais chaque temps a son temps.§

Voici , donc ce que m’inspire cette année 2011 ;

Paix sur terre aux hommes de bonne volonté !!!!!!

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Published by anton ar gwillou - dans société je te deteste
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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 23:56

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C’est une ancestrale demeure , affichant fièrement son année de naissance au linteau de la porte principale ; c’est en réalité une vieille ferme béarnaise avec son étable qui lui fait face et son poulailler derrière . C’est une centenaire qui sait encore bien se tenir mais elle est pleine de courant d’air et de souris . C’est elle qui abrite maintenant notre turbulente famille ; Clara et Eva l’appelle la ferme du bonheur , moi je la surnomme l’arche de Noé car Maria y a entassé moultes animaux depuis la souris , les chats en passant par les poules jusqu’aux chevaux .C’est avec plaisir que nous y accueillons les animaux sauvages que ces imbéciles de chasseurs traquent .

C’est en hiver une maison très froide au chauffage "RTT-isé" qui ne suffit guère ( quand il marche) à chauffer les hautes pièces qui lui sont attribuées , mais une grande cheminée dans le salon apporte cette douce chaleur qu‘irradient les longues buches qu‘elle peut accueillir , communiquant à notre chambre , cise dessus , ce qu‘il faut de calories pour que notre sommeil soit doux .

Bien que située à quelques minutes de mon hôpital , nous n’avons pour voisin que les maïs et les vaches du fermier voisin . Ainsi Maria qui a une conception de la pudeur bien particulière peut aller nourrir ses chevaux dans le plus simple appareil .Nos filles conformes à l’empreinte in utero de leur amérindienne de mère , courent telles des sauvageonnes , pieds nus , à peines vêtues été comme hiver dans les deux champs qui nous sont attribués .Elles y apprennent bien des choses que la nature leur montre sans aucune retenue , ce qui en fait de vertes petites coquines !Parfois je monte un de nos deux chevaux et je vais au pas parcourir le bois qui jouxte la ferme . Hinda notre irish cob , parfait quatre .quatre équestre me transporte calmement de son pas relevé , sans que j’ai à indiquer quoi que ce soit avec les rênes. C’est là que Maria et moi vivons notre amour, si singulier ; il y avait il demeure plus ajustée ?

Le matin quand je me rend à l’hôpital , quelques instants de brumes , errant au dessus des champs tristes de l’hiver , instants volés avant l’ambiance scialytiques des blocs opératoires me font un sas vite devenu nécessaire .La nuit , aux appels d’urgence , sortant de la douce chaleur du lit , je scrute avec émerveillement le ciel étoilé dont j’essaie de reconnaitre les constellations apprise dans l’enfance .Et au risque de vous choquer , je ne résiste pas toujours ( c’est selon le degré d’urgence ) à l’envie de « p….r. » en méditant sur la lune .

Cette vielle ferme nous inscrit dans un paysage pastoral ; nous y croisons les acteurs de l’industrieuse paysannerie française qu’on voudrait aujourd’hui éradiquer ; en effet il me faut attendre patiemment que les canards de mon voisin le plus proche aient regagnés leur champ ou leur abris c’est selon le moment de la journée avant de passer avec ma voiture devenue boueuse; les tracteurs ne manquent jamais de se compresser contre le bas côté pour nous faire passer d’une main calleuse pleine d’allant ; mais quant il s’agit de la moissonneuse batteuse il vaut mieux battre en retraite .Le moment le plus désagréable est celui de la chasse , qui se fait à battue par ici , en revanche un grand moment d’émotion est le passage des migrateurs .

Ainsi j’adore , toujours provoquant ,faire ma visite en pantalon d’équitation et bottes cavalières , ce qui , ici choque à peine , tout jute ai-je droit à un ; alors docteur vous avez fait un petit tour à cheval ?Je suis certain que vous pensez que je travaille dans un désert médical ; hé bien vous vous trompez , en effet j’utilise et pratique les technologies les plus sophistiquées ,mon activité est bien supérieure à celle que j’avais dans mon poste précédant ,dans un hôpital qui semblait plus grand , mais il faut le reconnaitre , ici c’est une endroit très particulier . On peut , donc dire que j’ai résolu la quadrature du cercle en matière de mode de vie .

 

25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 11:03

 

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C’est un jour de marché à Kemperle qu’émergeait de la courbe que fait la laita avant de se perdre dans les brumes de la foret de taolfouen, un côtre à fortune carrée , portant pavillon galleg* .Au fur et à mesure que l’embarcation approchait on s’étonnait de sa construction en découvrant les formes hollandaises de cet armement , qui semble avoir deux proues ; deus dérives latérales pratiquement relevées achevaient l’impression ; à la barre franche se tenait un homme portant le large chef des vendéens , des culottes de la vieille aristocratie sur des bottes cavalières le tout serré dans un large caban de marine . Les chapeaux ronds et les coiffes bigoudènes s’agitaient sue le quai . L’homme répondit aux murmure grandissant par un large mouvement du bras en criant en français tenté d’un rude accent de terroir : Permission d’atterrir ! Ce qui signait un homme d’ « ar vor »*

 

cartes-postales-photos-Jeunes-lavandieres-de-la-Laita-QUIMP.jpg.

Dès que le marin eut affalé la voile et lancé l’amare précédée de sa touline* , sautant sur le quai de pierre il répondit aux questions qui fusaient en demandant un homme de la forêt de taolfouen , du nom de fanch ar reiz .

Es tu gallec* ou bretonneg*lui demandait t’on , mais il ne disait rien et son allure intimidante finit par faire taire l’assistance . On lui indiqua de mauvaise grâce le chemin .

Il acheta au marché de la place haute près de l’église un beau demi lourd breton qu’il harnacha avec des fontes non sans avoir posé ostensiblement deux pistolets dans leurs étui devant le pommeau de la selle .Après deux lieues quil le promenèrent le long du rivage sauvage et venteux , il s’enfonçait enfin dans les l’obscurité grandissante de la vieille forêt druidique qui sert encore de nos jours à des festivité païennes .Au fond d’un belle clairière herbeuse il avisait le pen ti* d’où émergeait une fumée ; il n’eut pas le temps de s’avancer serrant du genou son étalon qu’apparaissait au linteau de la porte ,un homme tenant au travers de la poitrine à la manière des chasseurs un long fusil , de ceux dont les bleu usaient pour fusiller . Leurs regards s’affrontèrent pendant que la monture au trop relevé s’avançait calmement Soufflant du naseau; le vendéen fit faire une volte et attendit ; seul le mugissement du vent marin rompait un silence menaçant , enfin fanch s’avançait et de la gueule du fusil pointa le cheval ; le cavalier fit passer lestement sa jambe par-dessus l’encolure et sauta . :mad a oa ar varhekadenn* ? Auquel le cavalier répondit mat tre*

Il donna la raison de sa visite ;

Je cherche un enfant qui maintenant doit avoir une dizaine d’année ,; je sais que ses parents on été tués par les bleu ici même et qu’on a jamais retrouvé son corps ; fanch désarma le chien du fusil car a cette distance le long sabre de marine dont la poignée dépassait de sa hanche droite serait plus rapidement efficace . Ce geste ostentatoire fit comprendre au vendéen qu’il devait donner des gages de confiance ; c’est alors qu’ouvrant son caban il pointa du doigt un Sacré-Cœur rouge ; fanch leva alors ses yeux verts comme la mer au fond des ria de Bretagne , les jours de soleil radieux .L’autre ne sourcilla pas et le suivit dans le pen ti ; il comprit tout de suite qu’il avait vu juste en remarquant des jouets d’enfant et surtout une poupée sous l’âtre à la manière des anciens bretons .Un bol de leiz ribot* lui fut servi et s’approchant très près , au point de sentir les remugles de fond de calle du vendéen , fanch dit

Que lui veut tu à cet enfant innocent ?

Dit moi ton nom , et loic baron de lagan , te répondra ; un sourire tenant plus du rictus brisa l’harmonieuse courbe de ses fines lèvres que le climat salé ne semblait pas avoir tannées . Je suis fanch le juste et je t’écoute , pendant qu’il posait sur le tabouret qui leur servait de table la lame bleutée du sabre .

Potrig* , lui dit avec un certain dédain l’homme des sables , tu vois à mon âge et à cette relique que je suis de ceux qui n’ont point trahis et je viens chercher ma nièce Anne Paul de langan baronne de Vendée .

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 Fanch planta avec une froide agressivité mêlée de stupeur ses yeux dans ceux de Loïc . Fort bien baron , attendez ici la petite ne devrait pas tarder .Les deux hommes s’installèrent sous le manteau de la cheminée chacun d’un côté à la mode de la Bretagne .Un lourd silence s’installa qui ne fut rompu que par la blague à tabac que fit passer le baron .Enfin l’on entendit de petit pas précipités puis le venteaux de la porte vola presque en éclat sous la violence du choc ;

Tad* s’écriai une belle petite brune aux yeux sombres cachés par une longue mèche rebelle , sa chevelure opulente ramassée sous la coiffe que portent les filles avant leur puberté ; le baron chancela en découvrant cette féminité langoureuse qu’il avait tant aimée lors de ses voyages vers ces pays de l’eldorado .

Un « Bonjour mademoiselle »très français stoppa net l’énergie débordante de cette petite jeunesse .

Voici loic baron de langan en vendée , c’est ton oncle il vient te chercher

La brune chevelure se jeta contre la poitrine puissante de fanch

Je veux rester avec mon père et ma mère .

Le baron leva un sourcil interrogateur ?

Non baron ne craignez rien , elle sait que je ne suis pas son père , quant à sa mère attendez ce soir et vous ne tarderez pas à comprendre .Le soir et surtout la profonde nuit sylvestre venue l’on vit cette enfant se lever et courir vers l’orée du bois .elle se campa devant un pierre levée qui irradiait la lumière sélénienne ; soudains 2 paires d’yeux de braises et l’éclair des terribles crocs scintillèrent dans la nuit

Anne s’agenouilla et Mélancolie se coucha pour l’accueillir pendant que Rage surveillait inquiète les alentours

Fanch fit signe à Loic de ne faire aucun bruit .les 3 êtres semblaient se comprendre et se communiquer le même amour .

Loic ayant compris chuchota : mais que faire alors !

Fanch leva un doigt sur ses lèvres et l’entraina vers le lit clos qu’il ouvrit ; monsieur le baron , laissez la vivre son adolescence et devenue femme choisir son destin ;venait à chaque fête de notre saint calendrier venez à chacun des moments importants de sa petite vie ,écrivez lui pour lui donne gout à la lecture apprenez lui son histoire et son ascendance , et enfin un jour elle vous appellera pour accomplir son destin en votre noble lignée ; comprenez enfin que ce sont ces deux louves qui ont sauvé et élevée cette enfant jusqu’à son sevrage ;.chaque soir cette jeune louve qu’on appelle Mélancolie venait gratter à ma porte et chaque soir elle emmenait Anne pour la conduire au petit matin dans son petit lit, ignorant mes regards effrayés, quant cette masse imposante franchissait le seuil de la porte ,que j’avais pris la précaution de laisser ouvert .

Le baron en tapotant sur ses pistolets que son caban avait découvert sembla se tasser puis levant ce visage buriné par les vagues salées , une larme coulant en suivant le trajet prédestiné par ses rides dit :

Kamarad *, et ce mot, pronnoncé  à la bretonne, avait une singulière résonnance dans sa bouche , je dois dire que vous avez parlé juste ;

Dite moi ce dont vous avez besoin pour élever dignement ma descendance ?

Fanch posa sa main aux multiples entailles de bucheron, sur la lame de ce sabre probablement arraché à un bleu et suivant distraitement le fil répondit :

Monsieur , souhaitez vous tâter de ce sabre ?l’autre ne silla pas comprenant l’insulte qu’il venait de proférer ; « serviteur » dit il en levant sa main à son front . « Tout excusé » répondit fanch dans le même langage vernaculaire .

Toute fois repris le baron c’est moi qui vous tuerait si d’aventure Anne manquait du nécessaire à une éducation conforme à nos valeur ; vous comprenez n’est ce pas ?

Parfaitement « noute maitre » répondit il narquois dans ce patois vendéen des paysans qui sont allé mourir au côté des ces jeunes hobereaux pour défendre leur monde .

Bien Kamarad il me faut partir , nous nous rêverons à la fête de Samain* et je ne manquerait pas d’embrasser ma nièce .

Ce sera un plaisir mon seigneur! ,

cessez cela fanch car votre ironie dépare votre noblesse .

Le soir venu le côtre appareilla non sans qu’un conciliabule nocturne ne se fut tenu entre le baron et deux hommes portant tricorne à cocarde ....?

 

lexique :

Galleg : français

Touline : pour lancer l’amarre le marin confectionne une boule en entourant de cordage fin une pierre ; le petit cordage lancé loin permet de tirer la grosse amarre

ar vor : la mer, un homme d'ar vor est un marin

Bretonneg : habitant de la bretagne celte ( non gallo)

Mad a oa ar varhekadenn : en breton pas de mot pour dire bonjour ; on décrit la situation de la personne qu’on rencontre : ici la chevauchée a été bonne ?

mat tre : très bonne ;

le sacré coeur rouge est l'emblème de raliement des vendéens ; les paysans se le cousaient sur la veste pensant être ainsi protégès des balles ; il symbolise le coeur du christ sacrifié ; c'est un coeur surmonté d'une croix parfois entouré de flammes ; la bague de fiancialle irlandaise porte cette insigne .

potrig , pronnoncer potrik : mon petit gars! ici méprisant ; 

Pen ti maison de pecheur ou de paysan breton

leiz ribot : petit lait ; les anciens bretons ne buvaient pas de cidre et encore moins de vin ; le cidre etait reservé aux fêtes ; c'est la révolution puis le 19° siècle qui à conduit à l'alcoolisme breton , ;tout comme les indiens d'amérique du nord

Tad : papa

Kamarad en breton ce mot a une connotation guerrière : camarade de combat , ici les guerres de Vendée imagesCAZXB6I0

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 07:29

FUSILLADES

    Hiver 1793 , les colonnes infernales pénètrent maintenant le territoire breton . La Bretagne est rentrée tardivement dans le mouvement Chouan , mais c'est bien des marches de Bretagne , à côté de Laval que le mouvement chouan est parti .  

Forêt de toulfoen , pays bigouden, Rage , la femelle beta du clan des loups , hume le vent , juchée sur la table d’un dolmen . Derrière elle les femelles , et quelques jeunes loup impubères , attendent .Le clan est affamé , l’hiver est long et les proies rares .

Vivement , Rage , vient de faire saillir les terribles canines trancheuses de gorges .Elles s’avance abaissant sa position ; là bas on voit surgir un couple de paysan . l'Homme traine la patte , il est blessé ; la femme court ,penchée sur un gros paquet . Ils n’ont pas fait quelques pas dans l’épaisseur du fourré, qu’un petit groupe d’hommes en bleu , s’avance hésitant . Le paysan se retourne et saisissant un long fusil ,tire .un bleu tombe puis une terrible salve éclate , le paysan s’écroule , la femme tombe en arrière comme balayée par un coup de pied derrière le genou . Elle tient encore son paquet , on devine qu’elle pleure par les soubresauts qui soulèvent son tablier Brodé .Alors le groupe de bleu s’avance ; l’un deux se penche saisit le paquet qu’il jette à quelques pas ,puis commence à relever les jupes de la femme ; on entend d’ici le hurlement ; Rage gronde sinistrement ,elle abaisse ses oreilles; c’est le signe !

La meute s’élance et en quelques foulées rejoint le groupe, isolant l’homme maintenant couché sur la femme . Quelques un réussissent à s’échapper mais la plupart tombent sous le poids et les crocs des puissantes et féroces femelles , le sang coule à gros bouillon . A droite le bleu isolé a saisi son fusil et immobile attend .Il commence discrètement à reculer pas à pas non sans avoir au préalable tranché de sa baïonnette la gorge de la femme . On croit discerner un rictus satisfait , il est presque à l’abris d’une vieille hutte de charbonnier .Mais alors qu’il s’apprête à pousser la porte, la masse monstrueuse de Rage se lève sur ses arrière et s’écroule littéralement sur le cou du bleu qui n’a même pas le temps d’émettre un son . Ses yeux expriment une terreur presque sacré , c’est plus que la mort qu’il voit , c’est le diable qui l’entraine aux enfers qu’il mérite loups-copie-1.jpg.Bientôt seul le blanc marque l’ancienne existence de cet humain .Rage lèche le sang et dévore sans vergogne ce que ce gibier a de bon à lui offrir . La meute de son côté rapporte des chairs pantelantes pour le clan . Mais alors que chacun s’apprête joyeusement à s’en retourner , un petit vagissement s’élève comme un appel désespéré .

Alors qu’une femelle s’élance canines sanglantes émergeant de sa mâchoire , elle se heurte à Rage qui s’est interposé . Grondant, la jeune femelle s’éloigne la croupe basse .

Alors Rage se penche et commence délicatement à lécher le petit être le réchauffant de son souffle puissant ; l’enfant s’est maintenant calmé et Rage de la pointe de ses crocs a saisi le petit paquet ; elle rejoint la meute qui s’écarte avec crainte pour se refermer derrière elle , la protégeant du vent et des humains .

Le reste du clan , attendait avec impatience le retour de chasse : les louveteaux et les femelles gestantes les vieux mâles, se sont rués sur les chairs pantelantes que le « commando » à déposé fièrement de vant lui ; s’ensuit des rudes échanges auxquels Rage met fin . Maintenant Rage s’est avancée vers Justice le vieux compagnon , puis l’entrainant avec elle ,s’est avancée vers une jeune louve au poil gris et au beau regard vert qui semble soupirer sous l’abri d’un dévers de roche . Rage a déposé l’enfant contre le flanc de Mélancolie , et a poussé du mufle le ventre chaud découvrant des mamelles gonflées . Mélancolie a compris et appuie la tête du bébé qui ne tarde pas à émettre un bruit de succion satisfait .imagesCAZXB6I0.jpg

De nombreux mois ont passé et l’enfant s’agrippant maladroitement à la fourrure de Mélancolie , marche et parfois quand elle se couche pattes en avant il monte sur son dos pour déambuler parmi les membres du clan .Au printemps de cette année le jeunes mâles sont en furie , s’affrontant pour saillir les femelles ,cherchant à s’emparer des femelles des vieux chefs . Cela devient dangereux pour « l’enfant des loups » car les loups vont jusqu’à tuer les louveteaux pour s’emparer des femelles .Rage l’a bien compris et cette nuit là, elle entraine Melancolie vers un petit pen ti isolé à l’orée du bois . Le hurlement du loup , terrorise l’humain ; Yann Mari a entendu l’appel , il l’a reconnu et s’avance calmement au devant des bêtes massives qui dardent leur prunelles incandescentes vers lui ; Cette nuit l’homme et la bête ,( mais qui est la bête) , sont unis par ce qui les dépasse,et l’enfant regarde maintenant d’autres yeux verts ./A SUIVRE

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 20:43

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« Nous sommes un petit pays , aussi est il normale que nous parlions trois langues , s’il vous plait monsieur . » Propos d’une serveur à Anvers.

 

Cette semaine je suis parti améliorer mes connaissances Médicales en Belgique lors d’un congrès international . Je perçois déjà les ricanements suffisant de tout un chacun, en particulier ceux qui ont été dignement récompensés au concours du bauf de pure race française ,(BPRF)« strike » parfait avec le bob Ricard , le short de foot , les sandales en cuir les chaussettes raillées et le marcel à trou trou sans oublier l’indispensable « banane » soulignant l’opulent « ventre de bière » comme disent les allemands .

Donc , disais je , j’ai redécouvert , un pays à la vieille histoire , riche d’art , d’intelligence , au peuple aimable et poli , très discipliné , qui sait discrètement savourer une belle qualité de vie .

Ayant rejoint , à Paris un groupe de Médecin qui se destinait au même congrès , c’est par le thalys que j’ai atteins Anvers en début d’après midi ; Pendant le voyage , je n’ai pas manqué d’évoquer ce sentiment étrange que l’on a maintenant à se sentir européen , au contact de ce personnel qui change de langue suivant son interlocuteur et à la gare de Brussel midi . Ce n’ai pas la première fois que je voyage en divers pays de notre vieille Europe , , mais jamais ce sentiment émouvant de n’être qu’un seul et même grand peuple , fondateur de culture , n’est autant éprouvé qu’en ces Flandres , ce pays wallon , ce plat pays , ou même en hollande .

C’est une des plus anciennes et plus grandes villes d’Europe , un port et le centre mondial du diamant , ce n’est pas difficile à réaliser dès que l’on sort de l’hôtel pour se rendre au congrès .

Mais je n’ai pas l’intention de vous rédiger un « abstract » d’un guide touristique , vous n’aurez droit qu’aux simples impressions d’un marcheur solitaire , et au combien ignorant , dans ce que l’ignorance a de bon en n’interposant pas l’écran distordant du savoir .

C’est d’abord l’absence de voiture qui frappe et surtout ces moyens de transports communs multipliés à l’infini quand on les comparent à ceux de villes plus grandes comme Lyon . Pittoresques Tramways , sur ces rails qui parcourent les pavés de rues ou ruelles cernées pas ces façades qui m’évoquent les « légo » de mon enfance quand ils n’étaient pas si sophistiqués ,et que les frontons avaient cette découpe si caractéristique du style Flamand ; on comprend du reste pourquoi Légo n’a pas eu de mal à se développer à partir de la Hollande !!!!!

Ville cosmopolite s’il en est ;toujours surprenant d’entendre cette langue flamande si gutturale dans la bouche d’un pakistanais .Mais encore cette propension à une discipline que les mauvais qualifieraient de « teutonne » quand on voit deux masses de piétons se faisant face de chaque côté d’une rue où ne passe aucune voiture ; « mais le feu est au rouge pour les piétons, une fois !! » Même rigueur au congrès au moment du repas collectif , quand trois

Océans de congressistes assiègent littéralement une demi douzaine de serveurs imperturbables derrières leurs cantines ; les mains croisés derrières le dos ,attendant ,comme prévu 13 h t 001 mn pour lever les couvercle et servir : « S’il vous plait monsieur ? »

Bien qu’il n’y ait que peu de voiture dans le centre historique , il convient de rester vigilant à l’encontre des cyclistes , qui disposent d’un maillage serré de pistes cyclables insérées dans le territoire piétons . Soyez réactifs si vous entendez un discret : klling kling ! Quand vous passez de Paris à Anvers , quel contraste . Cette ville de 500 000 habitant , plateforme portuaire mondiale , reste à dimension humaine . Le centre historique est un immense musée où il est agréable de marcher , en humant la brise marine , sans ce grondement perpétuel de la circulation automobile . On flâne en sautant d’un tramway à l’autre , en admirant ces belles vitrines que sont ces façades d’opulentes demeures bourgeoises surmontées de vigies rutilantes d’or aux symboliques historiques tel cet aigle qui rappelle Bonaparte , ce vaisseaux marchand comme ceux que mes compatriotes corsaires coulaient à l’envie , ou tants d’autres motifs . Les fenêtres à meneaux et verre multicolores laissent imaginer ces intérieurs cossus sentant la cire , dont les meubles et parquets irradient cette lumière chère aux peintres de la cité . S’extrayant du tram ,on ne peux s’empêcher de pousser la porte d’une brasserie ou d’un estaminet comme disent nos flamands nationaux ; comment résister au sourire avenant , du serveur et à ce beau « Monsieur « qu’on entend si rarement maintenant , et commander quelque bière aux chaudes couleurs , ou bien épaissir sa taille avec quelques moules , frites , ou autre croquettes , qu’on dépose devant vous avec ce charmant « s’il vous plait Monsieur « comme une réminiscence de feu notre vieille politesse française .

Enfin j’allais oublier , ce qui fait la renommée d’Antwerp , le commerce du diamant mais plus précisément cette fameuse taille qui donne au bijou presque plus de valeur que la pierre elle-même ; Ce commerce est pour l’essentielle entre les mains d’une vieille communauté , un temps persécutée sauvagement ,que l’on voit comme de fugitives apparitions sombres, vêtues d’un long manteau ,encapé d’un aussi noir chapeau à large bord , les papillotes au vent , belles barbes fournies , croisant notre chemin sans nous voir , appartenant à un monde dans lequel nous ne sommes pas admis .

Mais me direz vous :

« quid du congrès ?

Hé bien , lors des congrès , il y a trois catégories de participant : les utopiques qui croient que la médecine s’apprend dans les livres et qui tels des jésuites s’infligent de longues séances mortifères , et inutiles ; les cyniques qui n’hésitent pas à trouver là l’occasion de s’offrir des vacance sans leur femme et si possible avec quelques joyeuse présence ,aussi illégitime que possible , ceux là vous ne les verrez pas sur les bancs inconfortables des amphithéâtres pompeux qu’on nous infligent ; enfin , reste la troisième catégorie , à laquelle vous devinez que j’appartiens : les dilettantes , qui vont chercher l’information nouvelle et motivante pour poursuivre un exercice plus enrichissant , sélectionnant les cessions , mais n’hésitant pas à profiter dès lors du temps libéré pour se cultiver . Ce qui du reste ,est une façon de comprendre , la mentalité des orateurs autochtones .

Le dernier jour je me suis offert des endives en gratin avec des pommes de terre vapeur , accompagnées d’une de ces bière légère et claire . Comme de souvent ,sur la table une petite bougie difractait sa douce lumière ,.on aurait dit une toile d’un maître flamand . Outre que je me suis régalé , j’ai fait un brin de causette avec le garçon quadrilingue , car j’ai appris qu’il y avait une petite partie de la Belgique qui parlait allemand .

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Pour finir en allant au « cabinet de méditation »de mon hôtel avant de partir ?je suis tombé sur ces photos au-dessus des « réceptacles de l’essence de nos libations « , et je vous en laisse juge .

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Published by anton ar gwillou - dans alceste voyage
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 20:27

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Ce soir là, sur une route bordée de futaies printanières, je savourais, la fenêtre ouverte, cette douceur vespérale, qui monte de la terre encore humide de l’hiver passé,  riches des parfums telluriques, des laboures joyeux .Le crépuscule approchant, cette belle lumière impressionniste, offrait à ma contemplation des palettes d’aquarelles monochromes  aux verts langoureux.

Une douce mélancolie, alanguissait mon corps, et mes yeux commençaient à ne laisser à voir de la route qu’une étroite meurtrière, qui me serait bientôt fatale.

Je saisissai l’opportunité d’une belle allée cavalière qui s’enfonçait dans cette ténébreuse forêt domaniale, trop bien entretenue, pour laisser quelques instants mon véhicule, et marcher songeur à l’ombre fraîche d’une voute Silvestre.

J’ai cheminé ainsi, l’esprit vide, oppressé par la chaleur moite, tandis que la lumière progressivement s’atténuait, le soleil s’inclinant sur l’horizon et la canopée ne laissant plus passer que de furtifs rais. J’avais dû marcher longtemps, la fatigue m’envahissait et je songeais à m’en retourner quand devant moi je devinai à travers la ronce, la blancheur d’un mur aux moellons de tuffeau, comme on en trouve en pays tourangeau. Une porte massive faite de deux ventaux cloutés de bronze,  perçait la muraille. Je m’avançai et appuyai sur l’un des battants qui se laissa repousser sans difficulté.

Je découvris alors un jardin ordonné, à la française, qui me rappela ce jardin de la Perinne où j’aimais me cacher pour lire, adolescent. Sous mes pas le gravier parfaitement ratissé, crissait doucement ; les parterres aux fleurs rares esquissaient une aquarelle en technique sèche. Les essences rares invitaient au voyage. Les bassins aux poissons dorés vous obligeaient à se pencher sur les parements de nénuphars. Perdu dans cet immense parc, j’avisai alors un jeune homme sur un banc, penché dans l’attitude concentré du lecteur  .Je n’osai l’aborder et il ne daigna pas lever le regard. Continuant mon chemin j’arrivai sur ce qui me sembla être une sorte de chemin de ronde qui dominait une ville au caractère familier en ce qu’elle évoquait pour moi l’architecture urbaine d’une époque révolue depuis longtemps déjà .Alors que je méditais , je senti derrière moi une présence . Le même jeune homme se tenait là fixant l’infini ignorant ma présence. Vêtu d’un caban de marine et d’une écharpe écossaise, les cheveux longs, brun, il me sembla découvrir des yeux clairs, de cette couleur que l’eau prend dès que la profondeur est grande. A ses côtés se tenait une jeune fille, au teint mat, aux lèvres rutilantes, une longue crinière couleur du corbeau, lui tombait sur les reins, elle portait une longue jupe aux motifs que les hippies nous avaient suggéré .Dès que je tentai de m’approcher ils s’éloignèrent ostensiblement. Dépité je poursuivi mon chemin, traversai le déambulatoire d’un sinistre cloître, suivi un mur auquel était accroché des plaques identiques à celles que l’on pose sur les tombes, et qui ne semblaient ne contenir qu’une date. Enfin je m’arrêtai net devant l’entrée d’une grotte .Une pulsion morbide m’entraina dans l’antre sombre ; les parois semblaient iriser une lumière pulsatile comme les battement d’une cœur , phosphorescence qui m’évoquait ces montres qui irradièrent des milliers de porteurs quand j’avais l’âge des vertes années .Un appel inconscient me poussait à poursuivre et me conduisit aux berges d’un lac souterrain , dont les reflets verdâtres se poursuivaient sur la voute iridescente . Une puissante poigne psychique fit que je m’avançais plongeant mes pieds dans l’eau glacée .Là je perdis pied.

Je sombrai, happé par un puissant vortex, malgré mes capacités de bon nageur. Suffoquant je perdis rapidement connaissance, ne dit on pas que la noyade est la plus douce des morts : l’eau, quand nous ne pouvons plus retenir notre souffle, pénètre massivement nos alvéoles et après une rapide phase onirique nous entraine dans un sommeil de plus en plus profond.

Brutalement il me sembla émerger, tiré par une force sur humaine, or de l’eau, une lumière blanche froide et violente m’aveuglait, j’expectorai et vomis l’eau, puis d’effroi, mais aussi pour aspirer cette bouffée d’air qui me manqua je criai de toute mes forces. Alors une voie familière, une voix qu’il me semblait avoir appris à connaitre m’appela : »antoine , antoine te voilà enfin » ; une chaleur, un  parfum familier , je tournai mes yeux vers celle que j’avais appris à attendre pour la découvrir enfin .

Chacun connait le moment où le rêve se mêle à la réalité , moment d'errance entre deux mondes . Une autre voix toute aussi familière m'invita à sortir de ma torpeur onirique . Quel sommeil agité tu avais ! me dit elle .

Entre mes paupières lourdes de sommeil , je découvris le beau visage de mon amérindienne .

"je crois que j'ai fais un drôle de rêve "

 

 

Published by anton ar gwillou - dans naître et renaître
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 19:19

Le dernier poilu ;

In memoriam…mon grand père maternel

 

les20poilus201418 

 

C’est un petit port accroché aux berges d’un ria au fond duquel les carcasses des vieux chalutiers achèvent d’agoniser dans la vase morbide .Quand tu regardes vers la mer tu vois à droite une imposante villa comme on en construisait à la « belle époque ». Elle domine le petit port de sa puissante silhouette qui voudrait ressembler à un château moyenâgeux .Villa fin du 19* début du 20* siècle, construites par une puissante bourgeoisie qui devait finalement s’enrichir en approvisionnant les armées pendant la grande guerre ; la fameuse « arrière » qui festoyait et paradait professant un patriotisme mercantile, pendant que les soldats bretons étaient envoyé les premiers à l’assaut, payant ainsi un lourd tribu à cette boucherie d’état. Sous l’occupation, on ne les vit plus, et certain avaient imaginé qu’ils avaient été déporté, mais très vite après la fin de la guerre, la famille revint aux périodes estivales.  Les occupants du « kastell » ne fraient pas avec les gens d’en bas ; ils sortent en belles décapotables, jeunesse dorée, et chemise Lacoste, joli sloop qui les attend dans le port, fêtes restrictives auxquelles les notables sont conviés, traiteur et majordome.

J’aime beaucoup retourner quelques jours dans mon petit pen ti que j’ai réussi à acheter au prix de lourdes hypothèques,malgré sa modestie, mais vous savez la spéculation immobilière dans nos régions.

C’est mon pays, « bro ma tadou , bro ma galon », et j’ai toujours imaginé finir ma vie là bas , le visage rougi par les vents du noroit ,  savourant l’instant où je descendrai  lâcher l’amarre de mon vag ar gwen ha du » pour une belle partie de pêche .

Quand j’arrive j’en profite toujours pour rendre visite à un vénérable vieillard centenaire qui me raconte sa guerre, la grande, car il me rappelle mon grand père maternel, leçon de pacifisme  émouvante.

Il vit seul avec l’aide de tout un chacun ici pour son ménage sa cuisine sa santé, c’est un peu la mémoire du village. Dernièrement sa maison a été frappée d’alignement pour un projet immobilier soutenu par un des fils du Kastell.

Cette fois ci quand je suis monté, il n’était plus, n’ayant pas supporté d’avoir été placé en maison médicalisée, pendant qu’on rasait sa vielle demeure .Ils auraient au moins pût attendre son décès naturel ! Je rageais.

Au pub, sur les quai, avec les marins revenus de la pêche nous en avons parlé avec beaucoup de colère rentrée ; cela n’a pas amélioré les relations avec ceux du kastell .

D’habitude, mon séjour est très « rôdé » : les copains de viré, le premier café au écoutant le ressac,  les premier roulis en montant sur mon vag ar gwen ha du , les premières nuitées avec les bordées du soir .

Mais cette fois, dés que j’ai repris possession de mon petit pen ti , le moment d’euphorie passé ,j’ai constaté des faits inhabituels .

à inter val régulier un brouillard dense terriblement glacial, impénétrable montait à la marée du soir ; il s’infiltrait à travers les rues, courait sur la lande flottait sue le ria , puis se retirait comme il était venu ; dans le même temps plusieurs habitant de longue date du coin faisaient de curieuses rencontres . Les peuples celtes ont une certaine complicité avec les morts et nous approchions de la fête de Saman  (la Toussaint des chrétiens), mais c’est une chose que de le dire c’en est une autre que de le vivre. Ainsi plusieurs familles eurent la visite d’un vieux du village .La fête de Saman est l’occasion pour les habitant du monde de Sidth de rencontrer les vivants ; les ancêtres élevés spirituellement peuvent aider les vivant, mais aussi les défunts peu avancés à leur mort,  dans le chemin de l’esprit, peuvent trouver auprès des vivant de l’aide pour s’envoler. c’est le sens de la fête de Saman .

Chaque jour de la semaine qui nous séparait de la toussaint voyait la marée monter à l’assaut des berges du ria , comme une charge inexorable s’approchant de plus en plus près du kastell .

Depuis mon pen ti j’observai avec un sentiment mitigé, fait d’angoisse et de curiosité,

ce brouillard qui semblait presqu’humain, animé d’une rauque respiration ; on le voyait s’étendre brusquement puis se retirer avec une insupportable lenteur.

Au début, personne ne s’inquiétait de ces événements ; pour les bretons, du brouillard, des fantômes, quoi de plus ordinaire !

Au kastel , les bobos qui venaient en weekend , trouvaient ça » terriblement charmant ».

Un jour pourtant, alors que les vagues mugissantes du brouillard avaient réussies à atteindre les contreforts du « château », les vigils qui habituellement dormaient, furent brutalement réveillé par une sorte de cri guerrier semblant sortir de la muraille blanche qui se tenait comme immobile devant l’entrée ; ouvrant les yeux, ils se trouvèrent face à l’acier ensanglanté de baïonnettes  qui semblaient émerger de la mer blanche et dense du brouillard.

Puis, silencieusement, la marée vaporeuse se retira.

Dans les « tavarn »cela ne ralentit pas les commandes des gwin ruz ou de gwin gwen !!!!Bien au contraire !!!

Et puis le jour de la fête Saman arriva. J’aurais dû me douter de quelque chose ; les vieux d’à côté, presque centenaires m’avaient dit avoir rencontré des garçons de la même « classe » qu’eux, curieusement vêtu de la vareuse militaire de la grande guerre, le fusil à la main, la baïonnette au canon. Comme Yan ar kemener (le vieux d’à côté)  leur demandait sans se départir de son calme habituel, le pourquoi de la chose, ceux de la « classe » de lui répondre sans cligner de leurs orbites vides : « la victoire est proche »!

Le soir de Saman le brouillard monta comme à son habitude, mais cette fois ci avec une vélocité et une violence inhabituelle, si bien que le kastell fût submergé ! Presqu’instantanément ; un cri inhumain retenti alors, cri de gorges de milliers d’hommes qui montent à l’assaut de l’ennemi .un grondement s’amplifiait, comme un roulement de tonnerre, et ceux qui sortait des tavernes laissèrent tomber leur précieuse pinte en voyant le kastel qui s’effondrait et disparaissait dans une masse opaque blanche, mais zébrée d’éclairs, comme ceux qui sortent de la gueule d’une arme à feu.

PuiS la masse informe, blanche et ensanglantée de la brume sinistre se retira silencieusement dans la mer comme apaisée et profonde ; un silence inhabituel s’imposa au ria ; les mains calleuses avaient oubliée que la pinte été tombée, les lippes baveuses restées ouvertes, laissaient couler quelques gouttes de cervoise, puis le bruit répétitif des pintes qui s’échappaient des mains pour se briser sur les pavés du port, teinta comme une messe funèbre.

De l’autre côté du port plus trace du kastel !plus de kastel , plus d’habitant du kastel !!!

En lieu et place des milliers de petites croix, comme jetées par terre, avec rage ; avec écrit dessus : « à la mémoire de ceux qui sont mort pour rien, crevez en enfer, maudits que vous soyez, vous qui avez dansé pendant que nous mourrions »

Nous sommes tous redescendus, chez fanch ar spontail (ça c’est pour les bretonnant) et j’ai payé une bonne pinte à tous ceux qui le voulaient ;

Vraiment la Bretagne c’est un chouette pays

 mort

Kenavo ha gwech all

 

Published by anton ar gwillou - dans vengeance des opprimés
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:06

Ce soir comme j’aurais aimé être seul !!!!!    !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


06-12-25-09-571.jpgOui comme j’aurais aimé retrouver la douce chaleur du foyer d’une veille cheminée aux linteaux noircis, avec cette bûche qui se meure dans un faible rougeoiement, parmi les cendres du feu de la veille qui m’on vues s’endormir sur mon livre

Oui ce soir j’aurais aimé rentrer, poussé par la bourrasque, et que la porte de vieux chêne grince en se refermant.

Ce soir j’aurais aimé bousculer le « bonhomme crépuscule d’hiver » pour ranimer mon feu et savourant le fort breuvage (gwin-ardent en breton), chercher la page qui s’est rabattue après mon sommeil impromptu.

Ce soir j’aurais voulu préparer des œufs fris et du lard avec une bolée de cidre comme mes ancêtres puis rester auprès de l’âtre comme jadis ; à la lumière faible et apaisante du foyer j’aurais discerné quelques lignes avant de sombrer dans les songes d’une nuit d’hiver.

Mon lit clos m’attendrait, mais je repousserais le moment de m’y cacher.

Au lieu de cela je prêterais l’oreille aux bruits de la nuit, chat huan et autres bestioles sympathiques ; si j’avais la chance d’habiter tout près de la mer de surcroit je me laisserais bercer par le ressac des vagues monotones brisants siècles après siècles le granit de notre rivage. Je crois que je fumerais encore et que j’allumerais ma pipe bourrée de tabac brun et acre qui appellerait une autre bolée de cidre.

Enfin quand j’irais me calfeutrer dans mon lit clos ,la fatigue accumulée me bercerais comme une tendre et permissive mère.

Avant de sombrer j’aurais une pensée pour mon petit côtre amarré en bas dans le ria à l’abri de la mauvaise « mer » !!!!!!!

Mes paupières lourdes regarderaient encore une fois la belle lumière crépusculaire du solstice d'hiver  quand le soleil tombe dans la mer comme aux caraïbes.

Ce soir en poussant la porte  comme j’aurais aimé être seul !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 19:45

god-jesus-christ.jpgJ’allume la radio et un journaliste s’interroge sur les propos de NK qui considère que la religion n’a pas que vocation à spiritualité mais également à résoudre les problèmes sociaux de notre pays y compris les banlieux par la multiplication des lieux de culte , mosquées en particulier , dont il convient qu’elles soient financées par l’état .

Marion arrive et allume la télé où un reportage montre une SG toute de blanc vêtue le regard révulsé d’extase dirigé vers des cieux divins affirmant qu’elle se sent « investie, et parlant avec un émotion des joies de l’éducation paramilitaires dont elle a bénéficié dans l’enfance et de son pays natal l’Afrique où sa vie de colon post moderne l’a probablement conduit à une vocation Albert schwertzierienne

Je prend la voiture pour aller au travail et je fais un détour pour donner un cadeau à un ami ; je passe devant le temple des témoins de jéhova , puis j’enfile la rue de funas faisant un écart pour éviter une femme en gurka tenant à la main sa fille pareillement habitée et suivant avec déférence son barbu de mari en pantacourt et calot blanc ;

C’est vendredi jour de la grande prière ; rue de la libération il y a 3 mosquées et je croise des groupes d’homme en costume ou vêtement traditionnel palabrant avec de vénérables barbus .

Je passe devant l’église de jallieu ou un parterre d’élus locaux attend l’arrivée du cercueil d’un notable récemment décédé ; en face la cloche de la maternité catholique sonne joyeusement matine pour le rassemblement des sœur  ; sur ces entre fait une sœur en aube blanche rentre au volant d’une  rutilante 307 dans la cour pour ce précipiter à la cérémonie .

Je passe devant le temple protestant qui est fermé ;

J’arrive à la maternité ; un mari me salut joyeusement portant la main droit à la poitrine comme cela se fait chez les musulmans, je lui répond par un tout aussi joyeux chuss !

On a réunion sur le medipôle : ah, ah ah ; il y a un grincheux qui demande pourquoi c’est les petites sœurs qui font la première page du Dauphiné pour un medipôle à leur usage exclusif versus une hypothétique rapatriement sur les mêmes lieux de l’hôpital en 2011. L’article est dithyrambique en nous rassurant sur le fait que selon la tradition de cette confrérie une cloche est prévue pour sonner à chaque naissance ; ouf !

Notre surveillance protestante convaincue au physique de quaker se félicite que maintenant tout le personnel infirmier féminin est en pantalon non sans s’inquiéter néanmoins que les décolletés sont parfois encore un peu dégagés ;

J’ai faim et je demande un plateau ; on me demande musulman ou non ? je répond : breton si possible !!

Dans la salle d’attente conversent tranquillement des femmes voilées , tandis que la secrétaire attarde son regard sur un porteur d’une volumineuse croix de bois en pendentif .

Mon confrère m’accoste en me demandant si je connais quelqu’un qui pourrait le pistonner pour faire accepter son fils au collège saint Michel vu que la carte scolaire l’oblige à le mettre dans un collège chargé d’assurer la mixité social ( je cite ) et comme il n’est pas enseignant et ne connais personne pour lui faire bénéficier d’un passe droit voilà voilà ; problème à saint Michel il est sur liste d’attente ! Vive la république !

Je me saisis du monde ; voyons voyons :

Une proposition de SG /

Une scolarité obligatoire dès trois ans ( pacte présidentiel ) contraindrait les communes à financer les maternelles privées tiens tiens ???

Un centre anti IVG créé en vendée par Philippe de Villier

Pologne : le père Isakowicz Aleski livre ses secrets sur l’église et sa collaboration avec le régime communiste

Bon j’en ai assez

Ce soir tenue chez les franc mac

Je me demande si on va parler de laïcité ???

 

Published by anton ar gwillou - dans société je te deteste
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 11:29

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Hé bien voilà ! Je suis monté pour la vente de la maison et la liquidation des biens ; moment de résilience où chacun se souhaite bonne chance.

Qu’il y a t –il de plus sinistre qu’une maison vide où on été vécues, pourtant, ces choses si  dures ; à ce moment là , une saumâtre amertume m’envahit.

Je suis allé chercher les caisses empilées de mon ancienne vie, pleines de papiers jaunis et surtout de livres ; « des livres encore des livres toujours des livres murmurerait elle »

En triant un peu avant de charger j’ai retrouvé l’ours en pluche de mon enfance ! Ne riez pas ce fût pour moi un violent choc émotionnel. Comme un furieux vent du passé, qui telle une bourrasque, m’a bousculé, me poussant contre le mur du temps passé.

Peu de jouets, peu de choses, ont survécu aux nombreux déménagements de mes parents, mais je n’aurais jamais imaginé retrouver cette petite peluche rabougrie rafistolée. Un bouton pour l’œil droit, je vois encore ma mère en un bref moment de complicité le coudre, un petit pull sans manche que j’avais moi-même tricoté, laborieusement réparé par de gros points, et divinatoires prémices, les quelques points de suture qui fermèrent son thorax !!! Les images de mon enfance se bousculaient, depuis la petite cuisine de "l’école des champs » en passant par la triste chambre de la résidence Marise Bastier  à Tours, jusqu’au pavillon d’Evron qui signa la fin de sa tendre mission auprès de moi ;

J’ai du mal à décrire ce curieux sentiment qui littéralement me broya. Ce qui s’impose à moi ce sont les « compressions » de Cesar ! J’avais l’impression que ce petit ours avait fait de ma première vie une « compression »L’émotion comprimée tentait de sortir, je sentais cela dans la gorge et le battement des mes paupières faisait glisser un petite goutte en forme de soupir.

Toute cette tendresse après laquelle j’ai couru si longtemps venait soudainement réclamer son dû. L’amertume, le dépit, le gout amer de la désillusion, autant de démons qui hurlaient à ma mémoire . M’appelèrent alors : la noirceur des murs du lycée Ambroise Paré qui tua, mon innocence, les vertes années qui ont fuit dans les brumes des ruelles du vieux Laval et dans les allées du jardin de la Perrine, les longues années de, médicales études, qui cueillirent un à un les fruits de mon arbre à illusion, le cœur dont la brèche s’agrandissait tous les ans, le vent du précipice dans lequel on tombe. Cette vague obscure me faucha dans cette sombre pièce froide et humide où s’entassait les bois flottés du naufrage que fût cette première vie.

Il ya deux mots qui me revinrent alors à l’esprit, deux mots qui disent combien était inaccessible ce que je cherchais et attendais, deux mots  qui creusèrent  les douves du château où ma mère se cachait : « Objet transitionnel » ! C’est ainsi que, mes enseignants de parent, nomment un « doudou » ……………………………………………………….

 

 

Published by anton ar gwillou - dans enfance
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