la vie en 24/36

humeur du jour


myanmar-mort-copie-1.jpg
Et voilà, c’est fini, on ne parle plus de la Birmanie !
Le dictateur peut recommencer à tuer et torturer !
Non il y a beaucoup plus important maintenant :
Il faut sauver les régimes spéciaux !
Au passage on a appris qu’un Japonais valait au moins mille bonze.
Chiffre approximatif des tués par le régime lors des manifestations.
Un japonais, un journaliste est mort tué par un tir de M16.
Le japon a vivement protesté et coupé ses subventions, enfin c’est qu’il prétend
Mais j’en doute .
 

Recommander

Catégories

Publicité

Vendredi 21 septembre 2007
Drancy.gif Ceci est une fiction , tout ressemblance avec des faits ou des personnage existant ou ayant existés serait purement fortuite ……………………………………………… !
 
Fatoumata, savoure cette pause imprévue. Depuis cinq heure ce matin, avec les gars, ils ont ferraillé, monté les banchés, préparé la dalle pour que tout soit prêt à l’arrivée du béton. Le béton n’attend pas ! Mohamed, le grutier, dans sa cage de verre fait un signe d’impuissance. Il sort sa thermos de thé. Fatoumata sort un énorme sandwich au poulet tomate concombre mayonnaise. Il le regarde avec amour. Il fait un temps magnifique, la chaleur agréable, le ciel de ce bleu qu’affectionnaient les peintre du quarto cento. La ville depuis le 20° étage de cette tour en construction est d’une beauté qui prend à la gorge, oui c’est une belle ville.
Soudain, il pense au pays, à sa famille, et de grosses larmes coulent sur son visage sombre dessinant des rigoles dans la poussière. Là bas c’est un village, un mouroir plutôt, il se revoit assis avec sa famille à même la terre battue, autour de la bassine de gruau de mil et lui qui fait mine d’être malade pour que les enfants mangent. La sécheresse, les machettes des rebelles, on échappe à l’une pas à l’autre.
Un jour il est parti, l’imam lui a quand même donné sa bénédiction .La canote dérisoire pour traverser la mer, les trafiquants qui jettent par-dessus bord les cadavres de ceux qui n’ont pas tenu, l’arrivée de nuit sur la plage. Il serait mort si son cousin prévenu n’était venu le récupérer.
Cela fait dix ans maintenant qu’il travaille dans cette ville. Il a une petite chambre, il se cache mais il espère qu’on va le régulariser, il a fait les démarches pour ça. Il ne garde rien pou lui juste de quoi manger et payer son loyer. Il envoie tout là bas. Avec ça ils ont foré un puit et installé une pompe. Ils ne mourront pas tout de suite. Finalement il devrait être heureux, pourtant ses terribles mâchoires se crispent, c’est quoi la vie ?
Il appuie sa tête contre une poutre, ses jambes se balancent dans le vide, il regarde en bas et remarque un uniforme avec le contremaître qui pointe le doigt vers lui. Il a compris, il repose son sandwich il n’a plus faim, il a envie de vomir. Il se lève calmement. Les gars le regardent éberlués.
Tu vas où Fatoumata ?
Chez moi.
En bas le flic l’attend.
C’est Silverman , il en crois pas ses yeux , comment peut il lui faire ça .
Silverman s’avance et lui dit
Fatou, ils te cherchent viens chez moi.
Fatoumata pleure encore. Ils montent dans la voiture.
Pourquoi tu prends un tel risque Silver ?
Ecoute Fatou, depuis qu’il y a toutes ces lois contre l’émigration clandestine, ça me rappelle trop de choses.
Quoi comme choses ?
Mon père, c’est le seul survivant de sa famille, qu’on a déporté à auchwitz . Il m’a raconté comme ça s’était passé. Les dénonciations, les quotas de juif qu’il fallait déporté, et les gens indifférents ou complices. Ce qui se passe, ça me met mal à l’aise cela un petit air de revenez y, j’aime pas du tout. Je me suis dit, je serai un juste à mon tour, car il y en a eu beaucoup, n’est ce pas.
Je sais pas ce que c’est un juste Silver.
Peu importe, moi je sais.
Allez, maintenant, assez parlé, j’ai faim.
J’ai un beau sandwich, tu le veux ?
 
Par anton ar gwillou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 19 septembre 2007
ph56-lanvaudan.jpg
Je devais faire un long voyage pour résoudre des problèmes administratifs.
J’avais décidé de prendre mon temps et de m’arrêter à mi chemin, pour une savoureuse étape si possible.
Je roulais depuis de longues heures sur l’autoroute, me remémorant cette fameuse chanson, « nationale 7 ». Comme la vie était simple, comme les gens étaient naïfs et s’amusaient de peu se satisfaisant de rien .Ambiance bon enfant, populaire à souhait, que j’ai bien connue gamin . Magie de l’enfance dans un monde où les hommes étaient encore de grands enfants s’émerveillant de tout. Je l’ai empruntée, une fois : un désastre, une agonie ; quel dommage ! Les américains qui ont cette manie de tout muséifier comme dit BHL au moins ils l’on gardé intacte la leur.
D’un regard hypnotique je fixai l’indicateur de vitesse, ne voulant pas être pris en flagrant délit de désobéissance civile en dépassant la vitesse convenue par nos dirigeants en accord avec les différents lobbies et partenaires commerciaux, méfait gravissime puisque l’abus de bien sociaux est en passe d’être absout.
J’avisais un panneau de sortie, indiquant un village au nom tout à fait improbable : ker  pinwidig zud , je m’engageai promptement sur la voie de dégagement .
C’était une de ces magnifiques fins de journées, où le soleil étirait à l’infini ses rayons rasant l’horizon, irradiant ce jaune qui s’accouple si bien avec la couleur des feuilles en cette saison.
J’adore ce temps, je dis temps comme dans le yi king , le temps est une phase du grand cycle de l’univers , je suis né dans ce temps , cela a forcément un sens !
Mes yeux, mes muscles, mes mains reprenaient vie, dégagées de cette tension propre à notre « Aldous Uxleyienne  »civilisation .J’ouvrai la fenêtre, coupai la climatisation, et si je ne fumai plus je crois que j’aurais allumé une cigarette.
Le panneau indiquait, Ker  pinwidig zud , 6.66 km ! Jamais vu une pareille signalisation, probablement un excès de zèle d’un agent de la fonction publique à son départ à la retraite le jour de ses 50 ans.
Je ne tardai par à apercevoir l’entrée du village. Au premier abord, un de ces hameaux des marches de Bretagne, fait de granit à l’aulne de ses habitants, petites ouvertures, ardoises mouillées, volets couleur de chalutiers,  peu de vie, comme si chacun se cachait dans son antre, vous épiant derrière ces fenêtres aux verres épais de mauvaise qualité, et malgré tout ces magnifiques hortensias bleus. Cinq heure l’angélus, sonnait alors, me faisant sursauter.
De l’église sortit une foule, toute de gris vêtue, ce gris des vêtements trop souvent lavés, et immédiatement chacun sembla se diriger vers une tache prédéfinie, qui balayant, qui désherbant le parvis de l’église qui nettoyant le caniveau qui frottant les rivets de cuivre des venteaux, qui s’engouffrant dans un magasin, un estaminet, une grange, un hangar. Une vraie fourmilière.
Je sentais la fatigue me gagner, et je passai outre. Je garai ma voiture juste derrière une vieille charrette attelée à deux chevaux faméliques .Je me dirigeai vers une auberge à l’air plus avenant que le reste.
Plancher, tables au bois que l’on pourrait qualifier de « flotté » , zinc centenaire , consommateurs repliés sur leur consommation , conversations feutrées , regards qui se coulent sous le bras pour vous examiner à la dérobée . J’avisai une table isolée et m’installant hélai le patron.
-On peut manger ?
-Bien sûr, une galette et des œufs, ça vous va ?
-J’ai le choix ?
-Non !
-Bon d’accord.
-Vous buvez quelque chose ?
-Oui qu’est que vous me proposez :
-Du cidre.
-Vous avez autre chose ?
-Non !
-Bon ça va.   
Il revint avec une opulente galette, il n’y avait pas que des œufs bien sûr et un grand pichet de cidre.
-Dites moi patron, c’est quoi tout ces gens ?
Moi je peux rien vous dire, demandez au grand gaillard là avec son chapeau rond.
Euh, je ne crois pas, vous pouvez pas m’en dire un mot ?
Le gaillard en question ressemblait à s’y méprendre à l’ankou de nos légendes.
Il me regarda d’un air narquois.
Hum , je comprends , vous avez pas tort .
Ecoutez moi bien mais remarquez d’abord que tout ces gens sont gros, comme ceux qui ont bien profité de la bonne chère, comme tout les oisifs .tenez regardez celui là !
Je constatai qu’il y en avait aussi dans l’auberge qui lavaient le sol lustraient le comptoir, servaient  les tables, en un balai ininterrompu. Leur embonpoint et leur bonne mine contrastait avec le caractère accablant de leur travail, et les dévisageant je constatai les marques d’un immense désespoir, d’une longue agonie, c’était impossible à soutenir.
-         oui certes, mais qu’est ce que cela veut dire ?
-         Monsieur, vous êtes chez qui vous savez, il me fixa en plaçant deux doigts en forme de corne devant son visage.
Aucun son ne put sortir de ma bouche.
Ces gens monsieur, ont vécu riches et insolent méprisant, égoïstes cruels. Ils n’avaient aucun regard pour les pauvres, pour leur prochain ; ils ont tout acheté ; Mais an DIOUL , les attendait patiemment , et en disant ceci , sa voix se mit à trembler .
-         on ne peut l’acheter, c’est lui qui vous achète, c’est un malin, grinça t-il en ricanant.
Je le regardai consterné. Je repoussais mon assiette.
IL posa sa main sur mon épaule.
-je crois que vous avez raison, il vaut mieux partir d’ici, je crois que vous rien à y faire.
- je vais suivre votre conseil, je ne suis pas riche mais ai-je toujours eu le regard qu’il fallait envers les autres, je ne peux en jurer.
- Kenavo, au plaisir de ne pas vous revoir fit il.
Je remontai tremblant dans mon véhicule sans un regard dans le rétroviseur.
Longtemps je roulais, pour me réveiller sur une aire de repos de l’autoroute.
Ker  pinwidig zud , Veut dire le village des gens riches ………………
 Il y avait un gars, un peu déguenillé qui faisait du stop.
Je luis fis signe de la main ; il approcha circonspect.
-         monte
-         Ah bon, merci c’est sympa
-         Oui, n’est ce pas ……..
 
 
 
 
 
 
-          
 
 
 
 
 
 
 
Par anton ar gwillou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 17 septembre 2007
m-mon-oncle--digipack-.jpg Quatre heures du matin, je me brosse les mains avant d’entrer au bloc pour faire naître un enfant à la mode de césar ! Un de plus ! Un, qui peut être justifiera mon existence sur terre.
Je regarde ces mains que je lave avec concentration, en remarquant les stigmates de l’âge : ces veines un peu trop bleus, cette tache pigmentaire qui signe l’impitoyable avance de l’âge, malgré les apparences.  Je réalise soudain que c’est toujours un regard d’enfant qui examine ces mains. Elles lui semblent extérieures, comme ne lui appartenant pas, comme si, une âme dans un corps regardait avec étonnement cette enveloppe mortelle et imparfaite. Ce sentiment d’être comme un scaphandrier qui évoluerait dans une mer vitale je l’ai depuis presque toujours .Il remonte à ma première expérience d’accès à la conscience ;
 
Mon premier regard conscient sur le monde je m’en souviens très bien .je devais avoir 4 ans environ, j’étais dans la cuisine de cette petite école des champs, et je regardais la cour à travers la fenêtre, Suzanne, notre nounou (hé oui les enseignants avaient les moyens à cette époque) me préparait un chocolat .Soudain j’ai remarqué une « fenêtre » (je ne connaissait pas le mot probablement) et j’ai vu !!!!! j’ai vu le monde « extérieur  » .J’ai ressenti cet étonnement mêlé de fascination , à l’idée que j’existais et qu’il y a avait un monde que j’observais mais déjà avec cette extériorité qui ne me quittera plus , tant j’ai gardé cette habitude de tout vivre comme un spectateur passif . Dans le même temps j’avais cette impression qui ne m’a jamais quitté que c’était comme si un autre regardait à travers mes yeux
Ainsi je suis resté un spectateur incrédule de la vie, avec cette angoissante impression que je ne maîtrisais rien ou rarement. Juste comme en dériveur : un petit coup de barre de temps en temps pour rectifier le cap et c’est tout.
Je me suis longtemps interrogé sur le fait de savoir si j’étais le seul à avoir cette impression, si j’étais différent ou parfaitement banal ; mais aussi sur mon utilité sur terre, le sens de mon existence, et pourquoi je vivais alors que d’autres mourraient prématurément.
Le temps passe et je n’ai toujours aucune réponse à ces questions ou si peu. J’aime à me dire que peut être par mon métier j’ai participé à quelque chose d’utile, comme une pierre dans un gigantesque édifice.
Mais ce souvenir « primal » m’a si profondément marqué qu’il me suffit maintenant pour revivre cette époque de fermer les yeux et ainsi je peux me promener dans notre petite maison tel un fantôme parcourant chaque pièce, revivant les petits faits de ma très jeune vie avec ce regard qui me trouble tant, mélange de celui d’un adulte ironique et de celui d’un enfant découvrant.
Est-ce le signe d’une mort prochaine, ma petite enfance revient sans cesse à ma mémoire. Il n’est pas de nuit (comme toute bon obstétricien je suis un peu insomniaque), où, errant dans ces minuscules couloirs de la petite maison, et dans ces sinistres salles de classes désertés par leurs fantômes, je ne revive cette douce et empathique période de ma vie.
Je revois la cour et le portique qui me terrifiait car mon père, grand pédagogue mais piètre psychologue, m’expliquait qu’il fallait sauter de son sommet à l’armée.
Cette cour miraculeuse, au revêtement des sables du bassin parisien qui contenait des fossiles, des dents de requins du temps des dinosaures, comme mon père me le démontrait en brandissant fièrement une dent, sous mon regard incrédule.
Et puis au dessus,  le préau,  à gauche la cantine et la chaufferie lieu d’un épisode si comique de la petite enfance, à droite les classes auxquelles on accède par un long et terrifiant couloir même si les vêtements des élèvent accrochés aux patères ont quelque chose de familier et rassurant. En passant devant la porte de la classe de mon père, je tremble encore puis il y a celle de monsieur L. , si discret , enfin celle de ma mère dont je pousse la porte discrètement comme je le faisait. Cette mère qui restera pour moi derrière son pupitre toute sa vie, avec cette distance qu’on accorde à l’élève .Je revois les tables, les cartes, cette odeur de craie et d’encre violette qui imprègne tout, et les fenêtres qui appellent l’élève vers ses champs, les mauvais coups, la franche rigolade loin du maître et sa morale laïque républicaine. A ce propos, élevé dans un anticléricalisme primaire, j’ai toujours mal vécu cette loi morale qui m’empêchait de participer à de nombreux rites, fêtes, célébrations, mais surtout, je pressentais déjà que tout un pan de la culture, de l’histoire, aller m’échapper si je ne faisais rien. Quand nous allions sur la tombe de ma grand-mère puis de mon grand père, aucun rite aucune parole ne venait soutenir l’imaginaire assoiffé, et le questionnement bouillonnant de l’enfant. Nous restions là, les bras ballant, dans une ritualité inventée mais désincarnée, vide de toute spiritualité, mot à bannir bien sûr ….Ce fut pire quand mon père fut nommé en Mayenne pour une promotion, une carrière à laquelle il a tant sacrifié, carrière qu’il portait en ex-voto sur lui en permanence, mais une réussite faite d’amertume à l’aulne de ce qu’elle représenta de souffrance et d’humiliation. La Mayenne, pays chouan dont je ne compris plus tard la réalité qu’en lisant les deux versant de l’histoire, même romancée dans les chouans de Balzac et 93 de Victor Hugo. On m’avais menti, je me senti trahi, pour ça et pour bien d’autre choses du reste. Quand ma mère annonça à ses collègues et à moi dans le même temps ( ?) notre départ elle ne trouva à dire pour me parler de ce pays que : Antoine, la Mayenne c’est le pays de ? De ? Mais du bocage, voyons !!!! Oui évidemment, du bocage …..Nous étions partis de la petite école, bâtie au milieu des champs selon les indications de mon père, par le maire avisé de ce petit village de Touraine caché derrière la levée de la Loire, cette école «  buissonnière » au sens littéral du terme, pour la ville de Tours afin de satisfaire aux exigences promotionnelles de la carrière de mon père. Bien plus tard quand mes parents revinrent pour leur retraite dans cette Touraine mainte fois chantée par les écrivains et par nos premiers roi, je remarquait une petite pointe d’amertume chez ma mère quand elle retrouvait d’anciens collègues qui, quant à eux n’avait fait que : « cultiver leur jardins  » selon les termes de notre Voltaire national.  Cet épisode citadin à Tours ,dans une tour ,comme on en faisait à l’époque, fut des plus tristes, la première blessure, la première déchirure dans le voile de l’enfance .
La Mayenne, me redonna vie, comme à un noyé qui goulûment inspire cet air qui lui manqua, une délivrance. Et je découvris Jublain , « camp gallo romain » pour ma mère , résurrection campagnarde pour moi , quand je retrouvais , des champs ,des enfants qui allait jouer dans le vénérable chêne du presbytère auxquels je me joignais avec le goût d’un plaisir interdit . La classe de ma mère donnait directement sur les pâturages. C’est à Jublain que je reçu mon petit vélo.
 Les petits vélos, ils arrivèrent après une longue attente qui nous voyait au seuil du garage à l’odeur entêtante de cambouis, quêter le signe de tête du patron qui nous dirait qu’ils étaient là. C’était un garage comme dans les vieux films des années 50 avec la vénérable pompe devant et un savant désordre d’où la tête hirsute du mécanicien surgissait en examinant d’un air septique la vieille dauphine de ma mère qui chauffait. Vous pourriez peut être faire le niveau d’huile de temps en temps, non ? Pour moi c’était comme l’entrée des enfers, et terrifié j’attendais bien sagement sur le seuil du hangar
Un jour se fut un oui, et nous les découvrîmes ; un jaune pour moi un bleu pour Didier. Il y  eut il émotion plus forte dans ma vie plus tard, je ne sais. Nous partîmes sur les chemins vicinaux maculés de bouses de vache, dans les chemins creux du fameux bocage, dont mon père ne connaissait que la valeur militaire  utilisée par les chouans.
En ce temps là, les enfants étaient libres, pas de pédophiles ou du moins n’en parlait –on pas. Il leur était vivement conseillé de ne pas traîner dans les pattes des parents. Ce n’était pas l’enfant roi, adepte du consumering .Comme je le raconte souvent à mes enfants, je peux pratiquement faire la liste des jouets que j’ai eut dans mon enfance . Privilégié j’en avais 2 par an, anniversaire et noël ! Chacun me fut précieux. En revanche place à l’imagination et à l’aventure par champs, rues, ruelles, ruines, terrains vagues, comme dans « mon oncle » de Tati.
J’adore ce film, plein de tendresse qui décrit si bien l’arrivée des trente glorieuses, chaque détail m’est une  « madeleine de Proust ».
Ce mobilier hideux qu’il était de bon ton d’avoir dans les familles « modernes  », que nous avons dû traîner de déménagement en déménagement en espérant qu’un malheureux accident survienne ! Je me souviens notamment d’une lampe abat jour comme on peut en voir un exemplaire dans les «  gastons lagaffes » du début. Cette lampe aussi laide et incongrue soit elle est reliée à un souvenir bien particulier de mon enfance.
A cette époque, mon père en vue de devenir inspecteur de l’éducation nationale s’absentait de longues semaines à Paris pour préparer son concours d’admission. Ma mère, mon frère et moi nous retrouvions seuls, dans cette sinistre tour de la résidence « Marise Bastier » à Tours. Ma mère allait coudre ou tricoter près de cette lampe installée ( début de relégation ) dans notre chambre mais près de la « fenêtre» du moins était ce le pompeux titre qu’on lui attribuait .Cette proximité maternelle , cette intimité fût unique et jamais renouvelée , j’en garde un souvenir ému .
Ces voitures si peu aérodynamiques, mais d’un charme réel avec leurs ailes, leurs grand feux stop, leurs calandres agressives. Ainsi l’aronde de mon père me hante toujours. Dans un rêve à la sémiologie freudienne, je la conduisais seul avec mon frère Ce rêve que j’ai fait à) cette époque je m’en souviens encore .Quelle problématique essayait il de résoudre, je l’ignore toujours
Les culottes courtes que j’ai porté jusqu’au cm2 compris !!!
Et puis cette musique avec accordéon qui évoque si bien les gamins espiègles qui jouaient dans les rues, gamins dont Pierre Perret fera l’éloge dans les colonies de vacances.
Où s’arrêter, où commencer, il y aurait tant de choses à raconter sur cette petite enfance qui fonda ma personnalité et dessinait déjà les prémisses de mon destin ; tant de souvenirs se bousculent, tous si important à mes yeux, si futiles à ceux des autres .Certes cela tient de l’autoanalyse mais précisément j’ai encore tant à découvrir sur le pourquoi, avant de partir, et je sais que la clef est là.
 
Par anton ar gwillou
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 14 septembre 2007

 

Si tu étais Carmen

 

Je serai déjà mort !

 

Lorsque je rencontrai ton regard peu amène

 

Je compris que j’avais tort.

 

Belle indienne, baisses te yeux,

 

Qui sont deux soleils noirs

 

Brûlant comme aux enfers,

 

Ceux qui paressent comme des loirs,

 

A ne t’aimer que sagement.

 

Il te faux milles flammes,

 

Et du feu purificateur,

 

Qui renvoie ton homme à ses mânes,

 

Toi tu te fais une, douce chaleur.

 

Déesse cruelle, tu aimes comme tes ancêtres

 

Que l’on te sacrifie son cœur,

 

Qu’il soit arraché par le prêtre

 

Et que ton amant en meurt.

 

Impitoyable, tu ne veux que la pureté de l’or,

 

La dureté de ces beaux diamants

 

Tu n’acceptes qu’une ville s’enflammant aux feux de l’aurore

 

Par les rayons du soleil la caressant.

 

Divinité païenne, comme il est délicieux

 

De mourir pour cette braise sombre,

 

Qui, enflammant les petits curieux,

 

Les mande au pays des ombres.

 

Alors si je dois mourir,

 

Pour ces belles canines

 

Qui écorchent ce terrible sourire

 

Que ce ne soit pas ce soir mais à mâtine.

 

Laisse moi être ton graal

 

Et recueillir cette perle de rubis

 

Que j’expire dans un doux râle

 

Heureux que tu m’ais ôté cette triste vie.

 

 

 

Pour la paix de mon âme

 

 

 

Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 12 septembre 2007

Le monde est si beau si multiple, tant de mondes , tant d’hommes si différents , tant de cultures , comment accepter que n’on ne verra pas tout , ne vivra pas chaque instant d’éternité qu’il peur nous offrir . Peut être est ce là le sens profond de ma vie , si peu conforme aux standard de notre société normative qui valorise l’uniformité , la non différence , cet homme unidimensionnel décrit par Marcuse , ce monde d’Aldous Huxley , ce « meilleur des mondes «  afin de vendre des aventures virtuelles , sans danger pour la nouvelle aristocratie du pouvoir , celle qui en 1789 renversa un absolutisme dépassé par la logique  de classe , la logique économique que Marx nous expliquera cent ans plus tard .

Par ce que j’ai aimé vivre toutes ces choses que l’on décrit dans les livres, ces livres si précieux qui nous faisaient rêver, bien au-delà de ce que nos  media actuels nous offrent, j’ai payé un prix légitime finalement quand j’en ai enfin compris le sens .

Ces livres si chers à mon cœur, comment parler, de ces univers rêvés  , ces univers communiqués d’esprit à esprit , i shin den shin , comme disent les sages bouddhistes zen .

La lecture me fut libératrice, et dès que mon père me donna cinq franc je les consacrais uniquement à l’achat de livres de poche qui coûtaient trois franc cinquante pour un « simple «  à l’époque. Je passais des heures au fond de la boutique, et le libraire ne me disait jamais rien, il savait que je repartirait avec un livre à chaque fois, et comme j’étais un client régulier, il me faisait une ristourne avec laquelle au bout d’un certain temps je m’achetais un nouvel ouvrage. Pouvez vous imaginer que mon ami de l’époque et moi faisions collection de ces petits fascicules fragiles qu’il fallait à peine ouvrir sous peine de voir les pages s’envoler.  Ce garçon reste gravé dans mon cœur. C’était un surdoué, il avait cent quarante cinq de QI  , j’en avais cent trente cinq .Imaginez qu’il vivait dans une de ces fermes de Mayenne au sol de terre battue , imaginez ces rangées de livres acquis avec ces pauvres pièces économisées . Personne de l’aidera, il poursuivra sa scolarité jusqu’à un bac B !!!!!Lui qui pouvait résoudre les équations les plus ardues, mais chacun connaît les compétences de notre système éducatif pour couper les têtes qui dépassent. Après quoi je l’ai perdu de vue, je ne sais ce qu’il est devenu.

Perdu de vue, c’est un thème récurrent de ma vie, et j’y vois une sorte de scénario. Mes parents ont beaucoup déménagé, car mon père dans sa quête personnelle, de réussite sociale avait souvent « muté »,lui le fils d’un misérable maréchal ferrant breton, émigré en Touraine par la misère, abandonné par sa femme qui lui laissait deux enfant à élever, lui qui n’avait pas de quoi s’habiller, ni même manger tous les jours comment le lui reprocher .Pourtant il s’est trompé, et il suffisait de voir ses collègue pour le comprendre, moi je le savais mais je n’étais qu’un enfant. Je constatais qu’ils avaient un vie simple, stable, et que ma mère elle-même le remarquait avec envie,  je savais qu’il courrait après quelque chose qu’il n’aurait jamais, la reconnaissance par les castes sociales, car même au plus haut échelon, qu’il pouvait atteindre, on lui faisait bien sentir qu’il n’était pas du sérail. Au bout du compte il retournera dans le pays où il a vécu, dans une modeste villa, sans plus d’argent et de reconnaissance que ses ex confrères qui n’avaient pas fait « carrière «.En conséquence au gré des déménagement ,j’ai perdu jouets et camarades car l’époque ne prenait guère en compte les enfants .Ainsi j’ai « perdu de vue » mes amis et je ne les ai jamais revus , je crois que cela a une importance pour la suite de ma vie .Je constate que j’ai pratiqué , involontairement un errance à base professionnelle , ou sentimentale parfois .

Mais aujourd’hui où les arcanes de la vie m’obligent à découvrir, un nouvel espace de vie, je ne peux finalement qu’en être heureux, car cela nourrit mon aspiration à vivre autre chose, un autre ailleurs, un de plus, comme ces livres que L et moi alignions sur nos pauvres étagères.

Un autre ailleurs, un nouveau blog , cette digression servira donc de réouverture pour ce blog agonisant ! Bonjour les amis quoi de neuf depuis mon long sommeil ?

Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Images Aléatoires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus