la vie en 24/36

humeur du jour


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Et voilà, c’est fini, on ne parle plus de la Birmanie !
Le dictateur peut recommencer à tuer et torturer !
Non il y a beaucoup plus important maintenant :
Il faut sauver les régimes spéciaux !
Au passage on a appris qu’un Japonais valait au moins mille bonze.
Chiffre approximatif des tués par le régime lors des manifestations.
Un japonais, un journaliste est mort tué par un tir de M16.
Le japon a vivement protesté et coupé ses subventions, enfin c’est qu’il prétend
Mais j’en doute .
 

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Samedi 30 décembre 2006

Les fêtes de fin d’années, quelle épreuve ! Heureusement cela va se terminer dans l’apocalypse, comme saint jean nous l’avait prédi ! Ne fuyez pas, je parle de votre apocalypse personnelle celle qui vous attend mardi matin, quand vous retournerez au travail (si si je vous assure il y a des gens qui travaillent le 02012007, malgré les injonctions fortes de l’éducation nationale qui ne tolère que les restaurants et autres hôtels de charme en ces jours de fêtes).

Une fois que vous aurez, réitéré votre sentence de misanthropie excessive, vous pourrez continuer à me lire, allez on y va !

Ainsi donc en cette fin d’année, chacun y va de sa nostalgique et compassionnelle observation, de l’année écoulée. Nous avons droit aux bêtisiers sur le » Paf «, pas difficile, le contraire serait plus problématique et on nous a offert un drôle de père noël accroché à une corde ce jour, un certain Sadam je crois, qui n’a pas eu la chance d’obtenir la protection des états unis comme ce cher Pinnochet ,qui à mon avis le bat au compteur des morts innocents.

J’ai du reste admiré avec émotion les contorsions des nos diseurs de vérité officielle, afin que chacun ne saute pas trop de joie dans les rues à l’annonce du décès naturel de ce drôle de grand père Pinochet. En revanche on nous a intimé l’ordre de sabrer le champagne à l’annonce de la sinistre pendaison de monsieur Hussein (notoire assassin d’état) à 2heure du matin, et surtout de remercier, chapeau bas, ce cher assassin Bush mais lui vous comprenez, il a beaucoup de divisions comme disait Staline, donc il a raison.

Moi monsieur, je ne sabre le champagne pour aucune exécution ,quelque soit l’infâme criminel concerné , alors monsieur Bush continuez à faire votre sale affaire, mais sans moi ( du reste vous n’avez pas besoin de moi et ça m’arrange )

Ceci dit, mais il fallait le faire, passons à notre quotidienneté, parfois tout aussi sordide.

Alors voilà pour la première partie nous avons eu droit à un déferlement de fausse bonne conscience, afin que chacun puisse se ruiner en cadeaux inutiles et surtout coûteux, s’empifrer en toute sérénité, et être encore en état d’aborder l’apothéose ; encore une dernière chicane, bien négociée avec les tentes des SDF et on va enfin pouvoir se saouler de champagne sur toutes les places du monde dit civilisé, qui marche au calendrier grégorien , et rire au nez de ceux qui bêtement voudraient simplement qu’on leur  donne les poubelles du jours de l’an .

Mais au fait vous croyez que l’année à venir va être meilleure ? Non sérieusement ? Si ? Alors là j’y crois pas, vous avez bu combien de bouteilles de champagne ?bon quand vous aurez désaoulé, vous serez peut être en état d’aborder la dernière étape, la plus sublime, et finalement je dirais celle que je préfère : le lendemain du premier janvier. Une merveille !!!!

Ainsi pour les rares personnes qui travaillent ce jour là, un supplice ou un vrai bonheur c’est selon, les attend.

Je dresse le décor : vous arrivez dans votre bureau, ou votre service de santé, ou sur votre chaîne de travail, ou sur le chantier de travail, enfin où vous voulez peu importe. Ce qui est compte c’est d’avoir au moins une ou deux personne que vous détestez profondément viscéralement : tout le monde s’embrasse se souhaite le meilleur en pensant le contraire , mais que faites vous ?

J’ai bien réfléchi à cette question. Il y a la vision bouddhiste ou même évangélique, qui voudrait que l’on souhaite le meilleur pour le meilleur de nos ennemis, mais au bout du compte la vrai compassion est d’être honnête vis-à-vis de l’autre et de lui renvoyer sa propre image sans craindre sa fureur, ce qui est très chrétien par ailleurs, c’est ma position.

Sans haine ni ressentiment, sans hypocrisie, je ne me prête pas à ce simulacre des vœux mais , je ne refuse pas les invites , donne à qui veux bien recevoir, accepte ce qui m’est donné , sans état d’âme , et sans attente .

Les temps futurs ne seront pas meilleurs, surtout pour certains, toujours les mêmes, je ne crains pas les cataclysmes climatologiques qui sont le prolongement logique de notre évolution sur terre et qui peut dire ce que sera cette humanité à l’aube des siècles futurs .L’humanité, à l’image de l’univers qui suit la loi de l’entropie, a son destin inscrit dans ce dernier. Quelle prétention de vouloir imaginer que nous pourrions maîtriser notre avenir par des mesures économiques. Si nous devons exister, alors nous irons plus loin vers ces exo planètes que nous découvrons , puis quand l’univers aura fini son expansion , nous suivrons son destin , voilà tout .

Ce qui ne change pas c’est la condition humaine! Que l’on voyage à la vitesse de la lumière ou non qu’est ce que cela change si nous ne sommes pas capable d’évoluer en terme d’humanisme.

Alors pour cette année nouvelle, souhaitons nous d’avoir juste un peu de compassion pour l’autre, d’être juste un peu moins égocentriste. Que le monde s’aime en aimant la partie la fragile de son corps comme nous le faisons pour notre propre organisme.

Aujourd’hui sur Arte un reportage sur les yawalapiti me fait voyager, car je ne peux m’empêcher de rêver quand je vois ces jeunes amazoniennes avec leur simple pagne, leurs longs cheveux noir d’ébène et leurs yeux si noir, je vois ma compagne avec son sourire carnassier qui se moque de moi .La beauté de ces peuples indiens, leurs mœurs, si proches du paradis originel, me ravissent. Et comme chaque jour quand je redécouvre au petit matin Maria à mes côtés je fais ce magnifique voyage de l’autre côté  de l’atlantique avec cette fureur de vivre cette générosité , qui les caractérisent. Avec Maria la vie m’ a fait un somptueux cadeaux mais je ne sais pas pourquoi , je ne peux que remercier pour l’instant .

 
 
 
Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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Dimanche 24 décembre 2006

Il y a …………….. Un temps qui n’existe plus ou pas encore, vivait un homme vieux.

Sa maison était faite des ces pierres qui servaient à construire les dolmen (an taol mein : les tables de pierres dans la langue de mes ancêtres).

Seul il vivait et personne ne connaissait son âge car en avait il un ?

Seul sur le beg ar sponthus , sa demeure ignorait ou plutôt accueillait les vents et les pluies les tempêtes et les tornades , avec respect et calme .

C’était comme un œil à demi clos qui regardait distrait les forces de la nature, oui ! Vous savez quand il allumait sa cheminée et que l’on voyait l’œil borgne de l’unique fenêtre de son pen ti qui lorgnait sur l’océan déchaîné.

Un jour il est venu d’un pays qu’on ne connaît pas nous les bretoneg , il a pris cette maison que sa mère lui avait laissé quand son père était mort tombé ivre mort dans la forge ancestrale , hé oui nous ne sommes pas marin nous sommes forgerons !!!!

Le forgeron c’est bon et c’est pas bon, c’est la terre et le feu, alors faut se méfier, on l’a laissé tranquille vous comprenez.

Tôt levé, il allait à sa barque pour pêcher son repas

Tôt couché il s’endormait sa pipe tombant à ses pieds devant l’âtre que son père avait construit de ses mains calleuses.

Jamais il ne descendait au village, une ancienne compagne de son jeune temps quand il était fou (moins que maintenant) lui apportait quelques légumes et du pain pour la semaine, de la farine de Sarazin pour ses galettes

Jamais on ne le voyait même pour les fêtes de beltan ! Heu pardon les feux de saint jean, vous savez nous on est chrétiens mais nos vieux dieux on les aime bien.

Un jour dans le pays arriva une jeune et belle femme avec un  enfant tout blond et des yeux verts ; son homme l’avait abandonné car c’était un ivrogne. Elle mourait de faim et son petit criait.

Gwen ar brokus , l’ancienne compagne d’erwan ar baradoz ( c’est son nom ) , conduisit la femme et l’enfant auprès du vieux de la côte .

Ne dit mot et attendit à l’entrée qu’il parle.
Dit moi son nom femme !

fanch ar pedenn , oui celui qui prie !!En disant ces mots elle le fixait de son regard qui désigne la mer.

Acceptes tu que fanch devienne mon fils.
Pourquoi ? Il a déjà un père.

Un père qui l’a abandonné, c’est simplement que je ne veux rien te devoir, car étant devenu son père, naturellement je te donnerai ce dont tu as besoin et nous serons quitte.

Je comprends, dit elle en penchant la tête.
Il y a une condition je pense, non ?

Oui tu as raison : chaque noël il devra venir sur ma tombe quand je serais mort et devra dire le credo en latin.

Je ne saurais accepter seigneur !

 Elle avait dit seigneur car elle avait peur !!!

Ne craint rien et sauve ton fils je ne suis pas celui qu’on dénomme chez nous an dioul .

Elle se signa.

Bien, j’ai besoins d’acheter du lait pour lui et elle tendit la main.

Prends et il frappa violemment avec sa main de forgeron de grosses pièces brillantes.
Elle sortit sans un mot.

Les années passèrent, l’enfant devint un beau jeune homme .Jamais il ne vit son père adoptif jamais sa mère ne lui en parla.

Un jour ou plutôt un soir le vieux de la côte m’appela.

J’ai décidé de mourir, il faut que tu m’enterres comme je te le dirai.

Mais pourquoi Erwan, vous avez l’air en pleine forme !
Certes oui mais j’ai décidé que c’était l’heure.
Erwan vous blasphémez, et je me signais.

N’ais crainte je sais c’est tout, j’ai le pouvoir de savoir, il n’y a là rien de maléfique.

Peu convaincu je hochais de la tête.
Et quand dois tu mourir alors ?

Ce soir, ce soir ce sera très bien, prépare ma tombe et quand la marée se retirera viens chercher mon corps, il sera temps.

Je me signais quand même, on ne sait jamais puis j’attendis la marée 

Le moment venu je trouvais le vieux raide mort, et je l’enterrais, comme il m’avait dit.

Ensuite j’allais voir la mère de fanch ar pedenn et je lui annonçais le trépas de son bienfaiteur.

C’est alors qu’elle révéla la vérité à son fils
Fanch resta là devant l’âtre qui flamboyait et se saisit d’une bouteille de chouchen qu’on avait sorti pour le réveillon de noël ce soir .Il en vida le quart, et le regard lunaire  dit :

Je dois aller dire le credo mère je pense.
Oui vas c’est ton devoir.

Fanch marcha jusqu’à la falaise et trouva sur mes indications la tombe du vieux.

Une tombe discrète, une simple plaque de granit avec une croix celtique gravée sommairement au burin.

Il était écrit en breton : le vieux de la côte : ar goz an aod et c’est tout.

Il se signa, s’agenouilla et dit en fermant les yeux :

Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium.

Etc etc
Amen.

C’est alors qu’il sentit une chaleur presque maternelle qui le saisissait et le pressait violemment comme le ferait un père.

Il ouvrit les yeux et vit devant lui le vieux qui le regardait avec empathie :

 

Mon fils n’ais pas peur, je viens à toi car tu sais pourquoi, toi l’enfant abandonné :

Afin d’accomplir le miracle tu dois dès ce noël parcourir les rues et les chemins et ainsi chaque jour de noël afin de sauver un enfant, un seul tu entends ?

N’ais crainte, tu n’auras que l’embarras du choix, entre gaza, l’Irak, et notre quart monde, tu ne seras jamais en peine.

Ainsi, chaque soir de noël un spectre terrifiant et pourtant si humain vient sauver un enfant, qui va mourir ce soir là, car c’est insupportable et même dieu ne l’a pas voulu .Aussi, comme les humains ne l’on pas entendu dans sa parole miséricordieuse, il a un peu triché, dieu, le vieux de la côte a accepté la mission, c’est cool non ????? ?

 
 
 
 
 
 
 
 
Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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Samedi 23 décembre 2006

En cette veille de noël, je suis seul cet après midi dans notre demeure centenaire, qui vibre avec le vent froid d’hiver, chassant les fantômes larmoyants qui se cachent dans les nappes de brouillard, cherchant à s’approcher des demeures illuminées et chaudes comme au temps où ils vivaient, ah comme c’était bon la vie, oui c’est une chienne mais comme on l’aime justement cette terrible maîtresse cette « bienveillante» n’est ce pas ?

Non ce n’est pas une solitude triste et subie , c’est une solitude désirée et savourée , Maria est avec sa mère  pour ces terribles courses de noël , et moi je suis dans l’obscurité devant un bon feu de bois qui crépite dans l’immense cheminée , mon berger allemand étendu de toute son énorme masse à mes pieds , mon ragdoll sur mes genoux et ma fille Clara qui gentiment babille à mes côtés , Piaf chante j’allais dire sur le gramophone , ( on s’y croirait ) car j’ai juste allumé deux bougies , je suis seul avec ,et j’aime ça .

Piaf, chante : «  dans ma rue y a des gens qui s’promènent»», moi de moments comme ça, je suis prêt à payer cher pour les avoir. (Y a juste mon piano qui me manque mais ça viendra, il viendra à moi bientôt)

Pourtant noël, désolé mais je déteste, c’est comme un vieil amour qui se rappelle à vous, si doux et si douloureux en même temps, exquisément douloureux comme on dit dans notre jargon de médecin.

Ces noëls d’enfants tout de rêve et de bonheur simple, oui je l’avoue je les ai aimés, oui, beaucoup, et je garde encore en moi l’odeur de résine du sapin qui annonce les cadeaux tant attendus, car à notre époque pour le privilégié que j’étais, deux cadeaux par an c’étaient tout, et je peux vous énumérer tout ces jouets que j’ai gardés dans mon cœur à défaut d’avoir pu les conserver, disparus lors de nos multiples déménagements !!!!!

Ces noëls , tout un cérémonial , auquel nous adhérions mon frère et moi , je pressentais intuitivement que nous accomplissions la messe des noëls passés et perdus pour mon père qui n’avais connu que la faim et la tristesse dans cette enfance qu’il avait cherché à préserver pour nous .

Dans la première partie de ma vie j’ai accompli le rituel mystique pour mes enfants, tout en gardant une réserve, quand à la légitimité de cette fête commerciale. Quand avec mes enfants nous sortions des magasins les bras chargés de victuailles dans la très catholique et très bourgeoise ville d’Angers et que nous croisions un mendiant j’obligeais mes enfants à ne pas détourner le regard et j’allais à lui une pièce à la main, et si on me faisait une remarque, je répondais qu’il y aurait ce soir plus de viande saoul que de mendiant, sur terre.

Quand j’ai pris mes premières gardes d’externe aux urgences à noël j’ai compris à quel point cette fête était cruel car la solitude et le désespoir y sont plus grand qu’à n’importe quel autre moment de l’année pour les déshérités de la vie.

Mon karma, me fait pénétrer de plus en plus profondément dans ces réalités que notre société lobotimisante cherche à nous dissimuler, me tient éveillé au milieu de cette saoulerie qui veux nous faire passer de vie à trépas sans conscience !

Aujourd’hui je remercie « les bienveillantes» des vicissitudes qu’elles m’imposent car elles me rapprochent de cet autre monde et par delà les mers qui souffre et reste seul.

Malgré tout comme on disait à mon époque :

Paix sur terre aux hommes de bonne volonté et vive l’esprit de noël

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                 
Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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Lundi 11 décembre 2006

Comme je l’ai déjà raconté dans un de mes billets (on dit post quand on est branché), j’habite un endroit très sauvage et réputé pour ses possibilités de randonnée aussi bien à pied, cheval que vélo. Je me suis souvent gaussé, de l’équipement sophistiqué des randonneurs alors qu’une paire de basquet et un jean suffisent amplement, j’avais ricané en indiquant qu’on finirait bien par en voir avec des gps, je n’y croyais pas ! Hé bien si je l’ai vu ! un Bobo modèle 2002 modifié 2006 , en train de repérer son point en plein milieu de l’unique rue de mon village de 400 habitants fermes isolées comprises ! Si si !!!

Pour ça j’adore mon coin de nature, on peut y faire de l’éthologie, en l’occurrence j’étudie l’espèce jeune retraité branche intéressante de l’ordre des retraités.

Cette espèce grégaire démontre une activité fortement liée aux variations climatiques et saisonnières, par exemple au printemps des troupeaux entiers se déplacent sur les routes ombragées, qui annoncent les grandes migrations de l’été.

Les troupeaux se déplacent en établissant une hiérarchie assez proche de celle des clans de loup avec une femelle beta en tête suivie de près par les tous jeunes retraités, les plus vieux traînant leur bedaine et fermant la route .

Les femelles sont très agressives et vous avez intérêt à ne pas trop vous approcher de leur piolet indispensable pour marcher sur le goudron des routes départementales comme chacun sait. Le pelage varie selon les saisons et le temps mais reste tout de même assez épais : grosses chaussures de haute montagne, (sans les crampons parce qu’avec le goudron c’est pas possible) vêtements techniques avec polaires sauf en été où le short ras les gros popotins, s’harmonise gaiement avec les chaussettes montantes roulées comme dans la patrouille des castor. Le couvre chef reste fortement sexué avec essentiellement des bobs en été pour le sexe féminin et des bonnets en hiver, mais chapeau de feutre style stetson ou chapeau mou pour le sexe masculin. Leur passage dans le village est aussi gai que celui des vaches pour l’estive avec non pas le tintement des cloches mais le bringuebalement de l’invraisemblable matériel qu’ils transportent pour une heure ou deux de marche : énorme sac à dos type anapurna premier 8000, boussole, carte IGN, gourde, couverture de survie et maintenant le fameux GPS !!!

Après la marche le réconfort, et hop apparaît non pas les rations de survie (quoique, je me demande s’il n’y en a pas parfois, vous savez la sécurité avant tout), mais le saucisson, le pâté, le pain et la bouteille de rouge pour les hommes, la petite bouteille d’eau minérale spéciale minceur pour les dames (mais c’est trop tard).

Ah là là, je les adorent mes « jeunes retraités  »
 
Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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Samedi 9 décembre 2006

Quand j’ai eu dix sept ans mon père m’a offert un Solex acheté d’occasion 500 f .Un souvenir mêlant tendresse mélancolie et ,joie de vivre reste irrémédiablement lié à ce petit véhicule hybride , que l’on utilisait sans casque à l’époque , si rapide que les bon cyclistes pouvaient aisément le dépasser .

C’est à la fois les années de lycée et les premières amours, l’amitié simple de quelques camarades et quelques petites aventures ou jeux, parfois quelques petits désappointements ou malheur .Toute une tranche de vie qui est partie avec les années d’insouciance.

A l’image de la timide liberté que nous octroyaient nos parents, il n’en représentait que plus cette évasion si précieuse à la vertigineuse vitesse de 49 Km /h maxi dans les descentes à fond avec la manette des gaz.

Rien que d’ouvrir la porte du garage et le voir là qui m’attendait, une bouffée d’allégresse me saisissait. Le cérémonial quasi mystique commençait, avec l’inspection angoissée du réservoir d’essence, alors que dans un même geste je tâtais mes poches éternellement vide à part le paquet de goldo sans filtre. Aurais je assez aujourd’hui pour aller voir un tel sinon je vais au lycée à pied ?

Je sortais l’ingénieuse petite machine et pédalant, c’est avec reconnaissance, après avoir abaissé le galet que j’entendais le hoquet salvateur qui lançait la chevauchée fantastique.

Les cheveux au vent, l’écharpe flottant, telle une bannière, engoncé dans mon éternel caban marin, je fonçais sous le regard narquois des vraies mobylettes vers le rendez vous du jour.

Des épisodes amusants ou tragicomique à l’heure où j’écris ces lignes me reviennent à la mémoire.

Ainsi avec mes autres camarades du clan des solex nous faisions dans la grande descente à la sortie du lycée des courses diaboliques où l’adversaire se mettant à côté d’un solex, d’un geste vif, soulevait la manette du galet de l’autre qui se retrouvait sans moteur dans les hurlement du monocylindre qui s’emballait, habile moyen de gagner la course.

Ou cette grande randonnée à travers la Mayenne que nous avions entamé sans calculer que le dimanche les stations d’essences seraient fermées. Un malicieux agriculteur nous vendit du fuel domestique, et nous sommes rentré en pétaradant étonné du comportement ubuesque de nos solex, qui n’en pâtir pourtant pas.

Enfin cet épisode à la limite du ridicule où raccompagnant mon amie assise en amazone sur le bagage du solex, j’entendis, arrêté à un feu rouge le vrombissement agacé d’un gros cube derrière moi. C’était deux motard de la gendarmerie qui ne manquèrent pas de faire descendre mon amie et de me verbaliser ce qui représentait la totalité de mon argent de poche.

La police à toujours été très à l’écoute des jeunes n’est ce pas.

Mon père a vendu mon solex à mon entrée en médecine, il n y a pas de petites économies, dommage. On en trouve d’occase ou même neuf maintenant mais ce n’est pas pareil.

Adieu Solex j’t’aimais bien tu sais !!!!!
 
 
 
Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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