la vie en 24/36

humeur du jour


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Et voilà, c’est fini, on ne parle plus de la Birmanie !
Le dictateur peut recommencer à tuer et torturer !
Non il y a beaucoup plus important maintenant :
Il faut sauver les régimes spéciaux !
Au passage on a appris qu’un Japonais valait au moins mille bonze.
Chiffre approximatif des tués par le régime lors des manifestations.
Un japonais, un journaliste est mort tué par un tir de M16.
Le japon a vivement protesté et coupé ses subventions, enfin c’est qu’il prétend
Mais j’en doute .
 

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Vendredi 8 décembre 2006

Je n’ai ni voulu et à plus forte raison rêvé ce métier . Il me pèse par ses responsabilités et me sous tend par le sens qu’il donne à ma vie .

Adolescent , je rêvais de voyages, d’écriture , de musique , de poésie , et je me voyais faire le même métier que mes parents , enseignant . Il n’en n’était pas question pour eux et ma mère se projetait tant ,dans ces » hommes en blanc » ,qu’un Soubiran a eu la mauvaise idée d’écrire, , que mon destin était scellé .

Moi je n’ai jamais joué au docteur , je n’ai jamais trouvé cela amusant ; la médecine cela me paraissait sinistre et trop prenant . En plus c’était pas mon milieu . Les filles du bon docteur P qui était notre médecin de famille me donnaient à penser que nous n’étions pas du même monde et je n’enviais pas ce monde . Je ne jalousais même pas la montagne de jouets que je n’auraiens jamais .

Quand on m’eut bien fait réalisé l’ineptie d’un projet de vie axé sur le littéraire , je me suis intéressé à la chimie , comme par chance j’étais bon élève , je pensais pouvoir faire ingénieur chimiste , mon père m’ a indiqué que je n’avais pas le niveau pour ça et que je ferais mieux de faire médecine comme ma mère le souhaitait .Nous avons fait un « deal «  comme on dit maintenant : je présente le concours une fois et si je rate je fais ce que je veux . Je l’ai eu du premier coup !!!!!!!!

Pendant mes études j’enviais les autres étudiants qui avaient à mes yeux une vrais vie , sortant , rêvant , se retrouvant , moi je travaillais en permanence rythmant le temps par les partiels et les concours .

Au début de mes études pendant l’été je travaillais comme maçon ; je trouvais ça fatigant mais très bien , une vie régulière , on fait de petits projets très concret et tout s’écoule tranquillement . Je me souviens , je rentrais éreinté du boulot et je me posais devant la télé la tête vide ; la tête vide cela ne m’est jamais arrivé depuis .

La vie de tout le monde je ne saurais jamais ce que c’est :. Retrouver sa famille à des heures normales , avoir des week-ends , des vacances avec de vrais embouteillages , des vacances à palavas les flots , des merguez et des frites , des gamins qui courent partout , des fêtes de famille où tout le monde roule sous la table ou s’engueule , des projets simples comme acheter un Renault cinq , aller boire un coup après le boulot avec les copains et rigoler bêtement , tout ça non, je ne le vivrais jamais .

Alors nous les médecins on se rattrape en faisant de conneries et on croit vivre mais c’est pas mieux c’est pire , c’est destructeur .Certains en deviennent inhumain , ce ne sont plus de vrais médecins , l’œil rivé sur leur compte en banque .

Avec le temps ( beaucoup de temps ) j’ai découvert ce que pouvait ou devrait être la médecine . Ca n’a pas arrangé les choses . Du coup je suis devenu médecin atypique !!!!!!

Au bout du compte j’ai réussi à apprendre des choses quand même . Je me suis forgé une discipline , une personnalité , un caractère , et j’ai essayé avec le karma qui était le mien de recevoir les leçon de mon exercice professionnel .

De la même façon que le matin je fais mes kata , chaque jour je dois pratiquer la compassion , le respect , le don , et regarder en face , la mort la souffrance mais aussi le sens même de la vie puisque je suis obstétricien ; Je dois rendre compte de tout ça c’est pas évident , je suis si imparfait et l’attente est si grande c’est compréhensible .

Ainsi j’ai parfois des bouffées de bonheur , de tristesse ou de culpabilité qu’il faut essayer de gérer , c’est dur quand on a un cœur d’homme .

Cette semaine j’ai vu la mort qui me fixait à travers le regard de cette femme désespérée .Elle me criait son angoisse de mourir , son refus surtout, son déni , et moi la mort me disait :Antoine regardes moi, regardes moi bien, et cesse de toujours gémir et te plaindre .

Pour moi un corps n’est pas qu’un corps . je vois ses entrailles dans lesquelles parfois je fouille , cela ne donne que plus de dimension à l’esprit l’amour l’humanité .

Un exigence d’humain voilà ce que cela demande en fait . Je veux de l’homme de l’homme avec un grand H , de l’humain , désincarné qui existe vraiment au delà de sa souffrance !

Quand je circule dans mon hôpital et que je vois ces pauvres personnes âgées sur leur brancard qui attendent dans l’indifférence leur examen totalement inutile prescrit par un interne qui n’a cure de ce patient et qui veux juste prouver qu’il a bien apprit son cours , je me dit voilà Antoine tu seras ce corps souffrant et abandonné même parfois de sa famille .regarde comme me disait la mort l’autre jour regarde ta déchéance et cesse de te plaindre .

De même , mon père me disait toujours que je ne savait pas accepter les compliments ; avec la médecine cela ne s’est pas arrangé ;Quand on me remercie pour ce que j’ai fait je ne sais pas quoi dire , à l’inverse quand j’estime que je n’ai pas été à la hauteur je culpabilise à mort ; tout ça est très compliqué .J’ai une vie compliquée du reste !!!!!!!!

Plus je regarde les corps , les entrailles , la crudité du vivant plus j’ai besoin d’âme , de spiritualité d’espérance de générosité , d’humain .

Ainsi je complique beaucoup les choses , parce que j’ai une drogue : le bonheur , même si ce n’est qu’un ersatz de bonheur .Alors comme Diogène , en plein jour avec sa lanterne , «  je cherche un homme »

Ah là là qu’est ce que je suis compliqué !!!!
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Mardi 5 décembre 2006

Je fendais comme la vague des plages, le vert Sarazin de juin parsemé de coquelicots.
Le souffle de la brise marine émergeant de la falaise courbait la frêle céréale encore en herbe
J’entendais le roulement d’un tonnerre là bas, malgré ce ciel si pur comme un lavis d’aquarelliste
Je foulais ce tendre produit de notre terre qui aurait du servir à nourrir l’homme.
Cette année il y avait beaucoup de coquelicots et de renoncules.
Au fond du champ je remarquais une grande renoncule dorée, c’était les cheveux d’un homme couché.
Il avait un gros coquelicot sur le torse
Il était mort ce mois de  juin 44.

In mémoriam : le dormeur du val

par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Lundi 4 décembre 2006

Aujourd’hui c’est l’ouverture des resto du cœur ; on aurait pu imaginer que les choses iraient en s’arrangeant ,mais non ! 6% de progression l’année dernière et au moins autant cette année avec une population qui intègre maintenant les Working poor comme on dit outre atlantique .

L’avantage d’avoir vécu un peu c’est qu’on porte une attention de plus en plus ouverte sur les galères des autres , et qu’on détourne de moins en moins le regard de la misère qui nous entoure même si elle n’a rien à voir avec celle d’un palestinien de la bande gaza , ou de l’inde

S’il y a un homme que je respecte c’est bien Coluche avec ce qu’il a fait et le film qui à mon avis le décrit le mieux c’est chao pantin .

Ugo Chavez est réélu , Pinochet se meurt à 91 ans dans un Hôpital militaire , impuni , soigné comme un grand ce monde et adulé par tout les complices de ses meurtres d’état .L’Amérique latine ( le sous continent américain comme on dit … ) repasse à gauche j’espère que ça va accélérer son trépas .

Pendant ce temps un éminent représentant de la gauche va « f* » la « m*  » au proche orient comme s’il y avait besoin, avec des propos imprudents , pour une fois ce sont les belligérant qui ont fait preuve d’intelligence en refusant de rentrer dans ce petit jeu , c’est bien .

Tous le monde se prépare à la débauche des fêtes de noël qui verra mourir de froid des personnes pendant que d’autre vomiront leurs excès de tout genre .

Je déteste les fêtes de noël !

En parlant de jouet je repense à certains épisodes de ma vie d’enfant . Mon père qui a connu lui la misère avant de gravir tous les échelons de l’ascenseur social avait tout un ingénieux arsenal pour fabriquer des jouets avec rien , qui était bien tout ce qu’il avait !

Un jour lors de vacances à l’île d’Oléron nous commencions mon frère et moi à nous ennuyer ferme alors que mes parents se reposaient . Mon père vint à nous et remarquant les morceaux d’écorce de pin , nous montra comment faire de petits bateaux . Nous avons beaucoup joué à ça et je continue à en fabriquer pour mes enfants en leur expliquant que le prix d’un jouet c’est le cœur qu’on y met . J’ai toujours aimé fabriquer des jouets pour le enfants , mais je reconnais que je les ai « pourris  » aussi .

Finalement les attentions les plus simples , une simple pression tendre de la main un regard un bras sur l’épaule c’est tellement plus important que le reste .

Je lis en ce moment «  les bienveillantes » de Jonathan Littel  c’est un roman ( ?) extrêmement déroutant et perturbant mais passionnant ; je n’en suis qu’à la moitié mais déjà c’est tout simplement stupéfiant . A entendre la presse on aurait pu croire que cela ne parlerait que de la SS et de la solution finale ; certes c’est le fond du livre mais plus simplement il aborde des problèmes analytiques notamment sur l’homosexualité , le rapport à la mère , une relation incestueuse avec sa sœur jumelle , et je n’en suis qu’à la moitié . Le langage est élaboré pour tout ce qui concerne L’histoire avec un grand H et son roman personnel , mais dès qu’on aborde le sujet du corps ou de la sexualité cela devient très cru , c’est très curieux ; je crois qu’il faut vraiment aller jusqu’au bout des mille pages !!

C’est le premier livre de cet écrivain franco américain , il a une jeune quarantaine , et une très grand culture classique , latin grec grand philosophes , historique . Le texte est très documenté et cela sonne si vrai qu’on a du mal à penser que c’est un roman .

A mon avis c’est un évènement littéraire majeur .

Je dois reconnaître que je suis vraiment très perturbé par ce roman .

par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Jeudi 30 novembre 2006

11 novembre 2006 ! C’est un jour particulier pour moi ; il est irrémédiablement lié au souvenir de mon grand père maternel qui avait fait le chemin des dames.

Il était là ce jour m’attendant à la sortie de l’école de la vie, comme il le faisait autrefois dans ma première dizaine, se tenant droit comme un I appuyé de ses 1.75 sur sa canne afin de veiller sur moi qui avait déjà tant de mal avec les autre.

J’étais déjà si différent.
Il me dit, comme d’habitude :
Alors Toinou ça s’est bien passé aujourd’hui ?

Oui, car je disais toujours oui, et sur le chemin du retour nous nous mettions à parler.

Grand père !raconte moi Verdun, et je tirais sur sa manche.
Ce jour là je lui dis, Grand père, j’en ai assez.
C’est trop tôt Toinou, tu as encore à faire.

Je suppose que tu as raison, et je retournais dans ma chambre comme avant.

Grand père, grand père comme tu me manques !

Avec toi j’ai lu  «  les croix de bois », «  ceux de Verdun  »et l’autre côté avec « à l’ouest rien de nouveau  »

Il avait fait Verdun mais il n’avait pas de haine

Le soir sur son lit je lui demandais de me montrer ses cicatrices. L’éclat de grenade qui avait fait cette entaille sur son bras et celui qui était encore dans son corps.

Nous parlions de la guerre, la grande, la der des der, mais je ne comprenais pas, car il disait des choses étranges. Pour moi il y avait les bons et les méchants, pour lui les méchants étaient des 2 côtés ; ils avaient un gros ventre et se faisaient des p.* en ripaillant à l’arrière et plus riches à la fin qu’au début de la guerre, et surtout ils étaient bien vivant, eux !

Mon grand père était instituteur quand la guerre a été déclarée, alors on l’a envoyé à l’arrière comme secrétaire d’un colonel ; mais mon grand père était fou il voulait se faire tuer comme les autres. Pas moyen !croyez vous ça ? Sa demande de mutation au front était systématiquement refusée. Alors un jour il en a eu assez. Son colonel lui avait remis une lettre manuscrite à taper. Il lui a rendu avec dans la marge la correction en rouge des fautes d’orthographe. Cette fois il y est allé à Verdun !

Un jour sa tranchée a été prise d’assaut par l’allemand ; il s’est planqué dans un boyau attendant que les nettoyeurs soient passés (ceux qui exécutaient les survivants après l’attaque) mais après il ne se souvient plus, un coup de pelle me disait il, toujours est il qu’il a été fait prisonnier, et ainsi à survécu à cette boucherie d’état.

Pourtant il n’avait pas de haine mon grand père.

Ce 11 novembre 2006 il m’attendait à la sortie de l’école de la vie et il m’a dit : Toinou tu as encore des devoirs à faire ! Ne t’inquiète pas des vilains garnements qui t’embêtent, je m’en occupe, travailles Toinou , travailles !

Grand père on t’a laissé mourir dans une triste maison de retraite. Je n’ai pas pleuré quand tu es mort, j'etais content pour toi, je sais que tu aurais préféré mourir avec tes copains dans les tranchées

Grand père, grand père tu m’entends ? Bon ! Il est reparti ! Je vais finir mes devoirs alors hein ?

 
 
 
 
 
 
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Mardi 28 novembre 2006

Le défi avait été lancé il y a six mois . Un duel à mort .Le destin m’avait adjoint pour compagnon de combat une fière amazone , mais je savais que pour l’affrontement final je serai seul .Ce 22 novembre je verrais la lumière ou la nuit éternelle . Entre temps chacun fourbissait ses armes , intimidations ,menaces , escarmouches , effleurement des armes préparaient l’engagement final .

Le grand démon extérieur m’attendait dans la caverne
Protégés par les démons du monde intérieur

Il n’avait pas manqué de tenter de nombreuses embuscades à l’aides de ses pauvres acolytes; pièges et chausses trappes ne manquèrent pas pour arriver jusqu’à l’entrée de la caverne

Ma fière amazone , élimina nombre d’entre eux et me protégea tant qu’elle pouvait des flèches empoisonnées .

Je savais mes forces limitées et je m’appuyais autant que je pouvais sur elle dans l’attente du grand affrontement .

Le 11 novembre ( mais je vous en reparlerais ) je quittais ce monde pour pénétrer dan la caverne , et vous n’aviez plus de nouvelles de moi .

Dans les profondeurs telluriques m’attendais les démons intérieurs , je devais les affronter avant de me trouver face à lui .

Il y a avait celui à l’haleine fétide qui vous entraîne dans une sommeil dont on ne revient pas ; celui à tête de serpent qui vous fait prendre un précipice pour une vallée accueillante , et ce bel archange qui vous attire dans sa débauche , mais le plus dangereux a pour non » ego sum »

Celui là me ressemble en tout point et comme dans la belle au bois dormant des sorcières lui ont fait don chacune, d’un vice . Il se bat ,muni d’un miroir qui te renvoie ta propre image . Mon amazone me laissa à l’entrée ,elle m’attendrai de l’autre côté ,celui de la lumière .

Je plaçais mon grand katana dans mon obi et je m’avançais . Je n’ai ni vaincu ni perdu , je suis passé c’est tout . Il m’attendait devant la sortie , je voyais le cône de lumière qui le révélait en contraste . C’était un 22 11 .

J’ai frappé do , mais l’armure a limité la blessure , bien que le sang ruissela de l’entaille béante , un genou à terre il riait . Je suis passé je ne l’ai pas tué .

Je suis vivant nous avons encore à combattre .

Dehors mon amazone m’a hissé sur la croupe de son cheval et nous nous sommes éloignés

Pour l’instant je suis revenu dans votre monde vous me retrouverais à ma place habituelle , mes amis .

 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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