la vie en 24/36

humeur du jour


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Et voilà, c’est fini, on ne parle plus de la Birmanie !
Le dictateur peut recommencer à tuer et torturer !
Non il y a beaucoup plus important maintenant :
Il faut sauver les régimes spéciaux !
Au passage on a appris qu’un Japonais valait au moins mille bonze.
Chiffre approximatif des tués par le régime lors des manifestations.
Un japonais, un journaliste est mort tué par un tir de M16.
Le japon a vivement protesté et coupé ses subventions, enfin c’est qu’il prétend
Mais j’en doute .
 

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Mercredi 8 novembre 2006

La réponse de la personne qui avait mis ce commentaire intrigant (UPP) sur mon texte « un couple pas ordinaire »  est arrivée sur mon mail . Comme convenu et qu’elle l’accepte je la met en ligne ;

Je dois dire qu’elle m’a beaucoup touché et ému car j’ai ressenti une grande similitude dans le fonctionnement de cette UPP comme elle dit , comme des parcours de vie parallèles ; c’est étrange de découvrir des sortes de doubles !

 

Bonsoir Alceste,

J'avais besoin d'oublier un peu avant de tenter, en toute modestie, de répondre à ta demande de développement sur ces trois mots que peut-être j'ai avancés un peu trop vite, inconsciente (j'en bats ma coulpe) de l'impact qu'ils pouvaient avoir sur toi, sur autrui. C'est que je me sentais si insignifiante, dans la légèreté de mon commentaire, et que je te supposais si éloigné, si détaché de tout cela (de quoi ? au fond, je ne sais guère).

J'avais besoin d'oublier un peu ce que tu as écrit, besoin que l'impression poignante que j'ai ressentie à la lecture de tes commentaires à ce sujet s'estompe. Je suis dotée d'une empathie dramatique, hypersensibilité ou fantasme ? Toujours est-il que je ressens parfois des émotions presque insupportables pour ma personne, lors même qu'elles ne m'appartiennent pas. J'ai senti, en te lisant alors, que si je cherchais trop à entrer immédiatement dans le vif de ton sujet, je risquais de me faire du mal.

J'avais besoin aussi que soit moins vive en moi la sensation de la brêche - je la croyais refermée mieux que ça - qui s'est rappelée à mon (bon ?) souvenir à la lecture de ton billet où tu racontes cette belle histoire, la tienne, la vôtre. J'aurais tellement aimé que la mienne y ressemblât. J'ai tellement souffert d'une histoire qui aurait pu ressembler à la tienne - mais il s'agissait probablement d'un misanthrope bien plus misanthrope que toi, avec moins d'humanité - et mon histoire aurait dû tarir toutes mes illusions et me dégoûter à jamais de l'amour ou au moins des histoires par trop atypiques.

Or ce ne fut pas le cas. J'aime aimer - terriblement. A la lecture de ton billet, je compris à quel point cette part d'utopie en moi, malgré un réalisme parfois dur que d'aucuns ont pu taxer de cynisme, vibre encore fortement en moi, malgré toutes les blessures - et crois-moi, en matière affective, entre autres, elles furent violentes, et nombreuses, et mortifères - ; à quel point cette part d'utopie est fondamentale dans ma capacité à me tenir debout et à vivre, encore, obstinément, vivre.

Utopie personnelle persistante. Je me suis probablement approprié ton billet un peu au-delà de ce que j'aurais dû / voulu. Et encore, sais-tu que j'ai réécrit mon commentaire plusieurs fois et hésité longuement avant de le poster ? Je devais sentir que l'acte n'était pas anodin - il ne le fut pas, pour moi en tout cas.

Je suis désolée car je risque de te décevoir. Peut-être attendais-tu une analyse plus raisonnée de ces termes, en rapport avec ce que tu écrivis. Mais quelque intérêt que j'eusse pris à la lecture de votre histoire, force m'est d'admettre que, dans mon commentaire, c'est de moi que je parlais, à mots plus ou moins couverts. Parce que, comme je le disais plus haut, j'eusse aimé que mon histoire ressemblât à la vôtre ; mais aussi parce que ton texte, comme un coup de tonnerre, m'a ouvert les yeux sur ma capacité, malgré tout, à y croire encore (ce qui n'est pas forcément totalement une bonne chose, mais passons).

Puisse votre félicité perdurer.


hi3

P.S. : Je t'autorise à publier tout ou partie de ce message sur ton blog. Ou pas.

par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Dimanche 5 novembre 2006

Dés que Virginie fût en âge d’écrire, elle a demanda à son père, de lui offrir un carnet, comme ces journaux intimes, aux couleurs roses bonbon et avec une petite clé dorée .Enfant solitaire, fragile, et méditative elle prit l’habitude d’aller s’assoire sur les marches du grand môle du port, pour écouter la respiration de la mer, qui remplaçait celle qu’elle n’avait plus.

Là ses longs bras de vent marin doucement l’entouraient, et sa fraîche respiration haletait dans son cou, tendit que ses beaux yeux de vague d’opale s’ouvraient et se fermaient amoureusement derrière ses longs cils blancs d’écume .Sa Mer alors lui parlait, et lui racontait le monde .

Dans son petit carnet elle écrivait ainsi tous ce qu’elle rêvait de faire ou vivre.

Pour une enfant de sa génération tout était à rêver. A cette époque on croyait qu’en l’an deux mille on circulerait en soucoupes volantes. Vivant seule avec son père modestement tout lui paraissait inaccessible à sa condition, mais ce qu’elle aimait par-dessus tout c’était l’idée du voyage, c’est pourquoi outre le môle c’est la gare qui la fascinait le plus. Elle n’avait jamais pris le train mais parfois avec son père ils allaient chercher un membre de la famille. Pour elle l’ambiance qui régnait dans cet immense hall avait le parfum de l’aventure de l’inconnu, et elle s’imaginait montant avec sa belle valise en cuir comme ces élégantes dames dans le wagon des première, pour une des ces destination mythiques.

Le monde qu’elle connaissait était encore à dimension humaine, la nature avait encore ses droits qu’il fallait respecter .La vie était simple, les joies et les plaisirs modestes.

Dans son carnet la liste finalement ne s’allongeait pas beaucoup, en dehors de destinations rêvées.

Le temps passa, le monde changea et l’an deux mille fut là dans sa triste et matérielle réalité.

Elle avait beaucoup voyagé en train et contre toute attente elle n’aurait jamais imaginé qu’elle prendrait l’avion comme ces dames en manteau de fourrure qui descendaient la passerelle des caravelles d’air France que l’on montrait aux informations cinématographique avant le film.

Un jour leur prof de math leur avait dit en cours, votre génération sera celle des ordinateurs, il y a en aura partout préparez vous à cela. Virginie ne comprenait pas. Pour elle ces machines qui occupaient des placards entiers comment pourraient elles être partout .Elle tapota avec nostalgie son portable pendant qu’elle attendait l’annonce de l’embarquement, dans cette nouvelle Babel qu’était l’aéroport d’Amsterdam.

Elle se revoyait assise sur les marches du môle, avec sa « Mer » adoptive, qui ondulait à ses pieds, un petit peuple de poissons et crustacés s’agitait à ses pieds. Parfois les bateaux des pêcheur passaient devant elle, débordant de poisson frais, et les rudes marins engoncés dans leur vareuse répondaient par de grands gestes à son timide salut .Maintenant elle ne retourne plus sur le môle, il n’y plus de poissons, plus de bateaux, plus de pêcheurs, et les plaques de pétrole irisent une eau lourde de pollution. Qu’il était doux qu’il était simple le monde de son enfance, qu’il est triste, agité, compliqué, dur, celui dans lequel elle vit.

Dans cinquante ans se dit elle, il n’y aurait plus de pétrole et plus de poisson dans la mer .Elle retourneraient bien sur son môle à ce moment là pour voir. C’est décidé elle vivra centenaire !

 
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Jeudi 2 novembre 2006

Utopie personnelle persistante ! Ces trois mots tournent dans ma tête depuis que je les aie découvert dans un commentaire sur mon blog concernant l’article « un couple pas ordinaire » 

La précision et la pertinence redoutable de ce triplet m’ont obligé à réfléchir .En allant sur le blog de cette personne j’ai pu vérifié qu’elle lisait avec une grande perspicacité mes articles depuis un certain temps, suffisamment pour en dégager une sorte de fil rouge qu’elle a donc défini comme «  utopie personnelle persistante » 

Cette personne a très bien compris que quelque soit le texte que je met en ligne, aussi fantastique soit il en apparence, il est fortement ancré dans ma réalité, mon trajet de vie, mon fonctionnement. Partant de là, elle a apparemment dégagée une sorte de récurrence qui lui semble d’ordre utopique (mais je ne l’ai pas pris au sens figuré péjoratif) dont moi même je n’avais pas pris conscience. Ces trois mots ont donc fonctionné sur moi comme une maïeutique socratique et je l’en remercie. Reste à savoir de quoi je vais accoucher !!

Je commence cet article en me disant qu’elle pourrait rentrer dans le jeu d’un dialogue tel que Platon raconte la technique socratique.

Puisque j’ignore en réalité moi-même ce que je vais trouver, je vais partir des mots eux même pour essayer de voir à travers eux ce qu’elle a décrit.

Commençons par le participe présent « persistante  » : il indique une notion de récurrence sans discontinuité, une rémanence plutôt ? Il évoque la nageoire caudale d’un mammifère marin qui vient régulièrement respirer à la surface, mais aussi l’idée même de l’animal qui nage sous l’eau. On retrouve encore la notion de résistance à modifier une trajectoire, d’obstination, d’aimantation , de migration .

Le mot personnel fait référence à la particularité au sein d’un système, d’un cadre , d’un scénario , qui tient du mythe dans son application particulière et individuelle .Que chacun soit unique mais fonctionne selon certains grands schéma c’est évident et c’est bien de ça dont il s’agit .

Venons en maintenant à L’utopie .

De toute évidence le vocable dans ce cas ne s’applique pas à la manifestation d’un grand système de pensée du monde ou de l’univers ; il est simplement question d’une idée forte , d’une problématique particulièrement contraignante , d’un code de fonctionnement assez rigide , qui forme l’ossature d’une pensée concernant un sujet à mon avis bien précis .Un vécu conceptualisé que l’appliquerais de façon récurrente à une même situation avec la même distorsion par rapport à une réalité qui conduirait inéluctablement à un échec prévisible .

En résumé c’est ce qu’on appelle en analyse transactionnelle un scénario de vie !C’est une hypothèse mais je ne suis pas sur que l’auteur allait jusque là ( bien que je sois effectivement victime d’un scénario de vie ) , je pense qu’il faisait référence à un thème plus précis plus étroit , un trait de caractère , une idée , un concept isolé du reste .

Le texte auquel ce mystérieux triplet s’appliquait racontait l’histoire de ma rencontre avec Maria ma jeune compagne , et l’idée que je me faisait du fonctionnement du couple .Mais ce texte parle aussi de la part féminine de l’homme , et probablement d’autre chose ,d’une recherche personnelle , ou d’un manque peut être ( ?) à moins que ce soit une incapacité d’ ordre existentielle que l’auteur a su identifier .

Voilà je vais donc m’arrêter là et je propose à l’auteur du triplet de me répondre par mail ( que je vais déposer sur son blog ) et s’il est d’accord je posterai son commentaire sur mon propre blog , car son avis m’intéresse en toute sympathie  .

 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Mardi 31 octobre 2006
Le petit lac de montagne

Scintille comme un pur diamant

serti de pierres arides .
Une large roche ombrée d’un pin maritime ,
Emerge en son sein ,tel le dos du dragon .
Le sage au kesa jaune safran ,
A la droite attitude du bouddha en méditation ,
Oublie de son regard infini la feuille vierge ,
Posée sur cette planche laquée à l’obscure vacuité .
Sa main se saisit du pinceau qu’il trempe
Dans cette encre vermillon sang ,
Et tel la frappe pure du samouraï ,
Calligraphie l’idéogramme :Humain 
Aux courbes harmonieuses .
Détaché, il laisse choir le pinceau.
La carpe affleure la surface, ruisselle et plonge .
Clapotis ,
La montagne est silencieuse .
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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Samedi 28 octobre 2006

Maria et moi vivons une relation tout à fait hors norme. Notre rencontre tient de l’improbable.

Un jour, dans mon service je me suis vu confié le cas problématique d’une très jeune femme dont visiblement personne ne voulait s’occuper.

Elle me raconte maintenant, qu’elle a vu arriver un type l’air furibond de s’être encore fait avoir, et donc fort désagréable. Dès que j’eu pris connaissance de son dossier, je changeais immédiatement de couleur et de ton et je m’investissais complètement dans sa gestion, bataillant contre ce que la médecine a de plus bête, de plus réactionnaire, de plus inhumain.

Je l’accompagnais pendant plusieurs semaines jusqu’à l’issue favorable que j’espérais.

Tout se termina bien .Elle passa alors les 4 années qui suivirent à me poursuivre de ses assiduités .Aucun, de mes stratagèmes, aucun de mes arguments (notamment notre différence d’âge), ne la découragea. Je finis par rendre les armes, et je lui donnait rendez vous dans un pub afin de lui exposer ma situation ce qu’elle avait de problématique et en quoi elle devait la faire renoncer. Cela se termina contre toute attente en un chaste baiser ,opposant une fin de non recevoir à chacun de mes arguments , les balayant de son sourire carnassier , ses yeux de braise d’amérindienne ne quittant une seconde les miens comme pour les hypnotiser .

Personne n’aurait imaginé que notre relation survivrait à quelque mois de vie commune. Et pourtant 3 ans après et une adorable petite Clara aussi typée que sa mère, nous vivons une relation amoureuse très riche et qui fonctionne à merveille face aux difficultés de la vie .Il serait long fastidieux et inutile de chercher à expliquer, mais je relève quelques  éléments qui me paraissent significatifs.

Son trajet de vie, son histoire personnelle, font d’elle une personne d’une maturité extraordinaire, sans rapport avec son âge, au point que je me sens comme un enfant parfois devant les réflexions, ou les remarques qu’elle fait. Sa vision du monde à tout le moins très réaliste, sans le côté désabusé qui m’est propre, lui donne une force de caractère, hors du commun, une capacité à affronter les accidents de la vie totalement inhabituelle surtout pour une femme de cette classe d’âge .Pour tout dire, sans la résumer à cela, elle est très masculine, dans son fonctionnement, ce qui correspond parfaitement au fait que j’exprime avec elle sans problème ma part féminine. Cela fait un couple aux taches et prérogatives reparties de façon un peu inhabituelles, mais ça fonctionne très bien. Vous ne pouvez imaginer comme cela peut être bon pour un homme de ne pas être obligé d’incarner la force inébranlable sur laquelle s’appuie l’épouse. Qu’on peut être un homme, très masculin tout en acceptant de révéler ses faiblesses, sans culpabilité. Assumer ses responsabilités, mais aussi parfois se reposer sur une force de caractère qui vous propulse plus loin pas son énergie Elle aussi tout en étant très féminine apprécie qu’on reconnaisse que femme elle n’est pas pour autant confinée dans le maternage, les taches de la gestion d’une maison, que comme les hommes elle aussi a le droit de se poser sur le canapé en arrivant du travail, sans avoir à se précipiter dans cuisine pour faire le repas. Ainsi dans la vie de tout les jours il n’y a pas de frontière nette dans la répartition de ce que chacun doit faire, c’est quelque chose de fluctuant et souple conditionné par le désir, l’état d’esprit, la fatigue ou la problématique de chacun à chaque moment .Certes notre vie est un peu bohême, et je n’ose imaginer ma mère pénétrant notre intérieur, sans avoir pris quelques précautions auparavant ……..

Une étude analytique de nos fonctionnements serait intéressante mais à mon avis sans surprise car notre complémentarité vient de ce que l’autre résout la problématique de façon réciproque comme un tenon et une mortaise .Chaque manque est comblé par l’autre à chaque instant !

Maria c’est une Carmen, « si tu ne m’aime prends garde à toi « Cette intransigeance de l’amour soude notre couple et finalement le protège. Comme elle est d’origine chilienne, je l’imagine très bien en treillis et j’aime la taquiner en l’appelant « el commandante » Ce qu’elle n’apprécie guère. Un jour elle m’a offert un ragdoll , un chat d’une race extrêmement rare . Cette race à la particularité d’avoir une baisse du tonus musculaire quand la prend dans les bras d’où le nom poupée de son en anglais, mais surtout elle est très collante, et vient souvent dormir sur mon ventre la nuit, hé bien Maria arrive à être jalouse de la chatte !!!!!Et parfois on peut dire comme dans le jeux enfantin « chat : vole ! »

Maria est une cavalière émérite, mais elle a vécu un accident de cheval dramatique qui l’a conduit à vivre ce qu’on appelle un NDA une expérience de mort imminente. Elle a vu le tunnel, la lumière chaude et rassurante qui vous appelle. De cela elle retire une philosophie de la vie très particulière. Un jour je lui dit comme je suis nettement plus âgé qu’elle :

Chérie je t’attendrai dans le tunnel !
Elle me répond :

Je ne crois que je te laisserai y aller seul, on sait jamais avec toutes les  pouffes qui traînent !

Je voudrais tant que maria soit heureuse avec moi !!
 
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
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