La réponse de la personne qui avait mis ce commentaire intrigant (UPP) sur mon texte « un couple pas ordinaire » est arrivée sur mon mail . Comme convenu et qu’elle l’accepte je la met en ligne ;
Je dois dire qu’elle m’a beaucoup touché et ému car j’ai ressenti une grande similitude dans le fonctionnement de cette UPP comme elle dit , comme des parcours de vie parallèles ; c’est étrange de découvrir des sortes de doubles !
Bonsoir Alceste,
J'avais besoin d'oublier un peu avant de tenter, en toute modestie, de répondre à ta demande de développement sur ces trois mots que peut-être j'ai avancés un peu trop vite, inconsciente (j'en bats ma coulpe) de l'impact qu'ils pouvaient avoir sur toi, sur autrui. C'est que je me sentais si insignifiante, dans la légèreté de mon commentaire, et que je te supposais si éloigné, si détaché de tout cela (de quoi ? au fond, je ne sais guère).
J'avais besoin d'oublier un peu ce que tu as écrit, besoin que l'impression poignante que j'ai ressentie à la lecture de tes commentaires à ce sujet s'estompe. Je suis dotée d'une empathie dramatique, hypersensibilité ou fantasme ? Toujours est-il que je ressens parfois des émotions presque insupportables pour ma personne, lors même qu'elles ne m'appartiennent pas. J'ai senti, en te lisant alors, que si je cherchais trop à entrer immédiatement dans le vif de ton sujet, je risquais de me faire du mal.
J'avais besoin aussi que soit moins vive en moi la sensation de la brêche - je la croyais refermée mieux que ça - qui s'est rappelée à mon (bon ?) souvenir à la lecture de ton billet où tu racontes cette belle histoire, la tienne, la vôtre. J'aurais tellement aimé que la mienne y ressemblât. J'ai tellement souffert d'une histoire qui aurait pu ressembler à la tienne - mais il s'agissait probablement d'un misanthrope bien plus misanthrope que toi, avec moins d'humanité - et mon histoire aurait dû tarir toutes mes illusions et me dégoûter à jamais de l'amour ou au moins des histoires par trop atypiques.
Or ce ne fut pas le cas. J'aime aimer - terriblement. A la lecture de ton billet, je compris à quel point cette part d'utopie en moi, malgré un réalisme parfois dur que d'aucuns ont pu taxer de cynisme, vibre encore fortement en moi, malgré toutes les blessures - et crois-moi, en matière affective, entre autres, elles furent violentes, et nombreuses, et mortifères - ; à quel point cette part d'utopie est fondamentale dans ma capacité à me tenir debout et à vivre, encore, obstinément, vivre.
Utopie personnelle persistante. Je me suis probablement approprié ton billet un peu au-delà de ce que j'aurais dû / voulu. Et encore, sais-tu que j'ai réécrit mon commentaire plusieurs fois et hésité longuement avant de le poster ? Je devais sentir que l'acte n'était pas anodin - il ne le fut pas, pour moi en tout cas.
Je suis désolée car je risque de te décevoir. Peut-être attendais-tu une analyse plus raisonnée de ces termes, en rapport avec ce que tu écrivis. Mais quelque intérêt que j'eusse pris à la lecture de votre histoire, force m'est d'admettre que, dans mon commentaire, c'est de moi que je parlais, à mots plus ou moins couverts. Parce que, comme je le disais plus haut, j'eusse aimé que mon histoire ressemblât à la vôtre ; mais aussi parce que ton texte, comme un coup de tonnerre, m'a ouvert les yeux sur ma capacité, malgré tout, à y croire encore (ce qui n'est pas forcément totalement une bonne chose, mais passons).
Puisse votre félicité perdurer.
hi3
P.S. : Je t'autorise à publier tout ou partie de ce message sur ton blog. Ou pas.
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