la vie en 24/36

humeur du jour


myanmar-mort-copie-1.jpg
Et voilà, c’est fini, on ne parle plus de la Birmanie !
Le dictateur peut recommencer à tuer et torturer !
Non il y a beaucoup plus important maintenant :
Il faut sauver les régimes spéciaux !
Au passage on a appris qu’un Japonais valait au moins mille bonze.
Chiffre approximatif des tués par le régime lors des manifestations.
Un japonais, un journaliste est mort tué par un tir de M16.
Le japon a vivement protesté et coupé ses subventions, enfin c’est qu’il prétend
Mais j’en doute .
 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Catégories

Dimanche 30 avril 2006
 

En attendant la fin d’erwan baradoz , en me levant ce matin et en sortant dans le jardin j’ai ressenti le désir d’écrire ce poème alors que je me laissais aller à mes préoccupations malgré la beauté du paysage qui m’entoure.

 
 
 
 
 
C’est un de ces beaux matins
Qui, lorsque si proche sera notre fin

Et que nous bénirons les jours et non les années

Fera, douloureusement une larme couler.
 
Pourquoi, comme l’oriental chevalier
Ne regardons nous pas comme le dernier
Chaque jour nouveau que nous découvrons
Et reconnaissant, intensément le savourons.
 
Malgré, mes belle et profondes philosophies,

 Au fil du temps, mes nombreux désirs assouvis

Malgré, la chance qui me fut donnée de vivre
Ce que parfois certain ne connaissent que des livres
 
Malgré tout cela, pathétique insouciant

Je persiste à laisser de nombreux assaillants

Troubler mon quotidien, d’occidental amer
Ignorant de la souffrance de mes pauvres frères
 
Vous prince sidharta , à l’immobile sagesse
Et vous Anna notre primordiale déesse
Qui en nous éveillez de la nature le respect

Et des hommes   un amour circonspect

 
Laissez moi en échange d’un peu de sérénité
Donner, à ma famille ma fraternité mon humanité
L’amour, le respect la compassion,
Ou parfois juste un petite attention
 
Donner moi la force de ne rien espérer
De refuser les louanges empressées
De me contenter du seul essentiel
De savourer un grain de riz comme du miel
 
Alors la vie n’aura ni fin ni commencement
Je ne craindrais plus les incertains événements
Je saurais aimer ce qui m’a été donné
Et ne pas regretter ce qui m’a été retiré
 
 
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander
Samedi 29 avril 2006

Dans cette quatrième partie nous devrons nous demander ce qu'Erwan fera de sa vie

Erwan tomba sur les genoux la tête penchée, les mains jointes comme le guerrier qui, vaincu, attend la mort. Elle posa un doigt sur sa bouche et lui dit : je suis Anna la déesse mère, la mère de tous les dieux et des hommes, j’ai entendu ta supplique. Tu veux la connaissance, tu veux contempler le grand principe ; ceci est de l’ordre du divin et les homme ne peuvent y avoir accès sans quitter leur monde ; pourtant je crois ton cœur pur et j’ai décidé de te permettre la contemplation du Grand Tout un bref instant .Malgré cela le prix sera élevé ; pour  revenir parmi les hommes je t’ai donné ce sabre à forger  , quand ce qui doit s’accomplir sera consumé , tu prendras ce sabre ; à la première goutte de sang , de ton sang, tu comprendras ,et si tu as du courage tu renonceras aux dieux .Quand tu seras dans ton monde avec les tiens , alors tu découvriras le prix que tu as payé !Parmi les hommes tu devras appliquer jusqu’à la fin de tes jours les trois grand principes :acte juste, pensée juste, parole juste .Ton sabre restant à tes côtés , sa lame toujours cachée aux autres ,il te rappellera mes paroles ; si tu agis ainsi , alors tu auras payé ton tribu aux dieu , et nous seront quittes , sinon …….

Les yeux, à l’iris de mer, changèrent leur forme jusqu’à devenir celle d’un serpent ! Erwan tétanisé par l’effroi n’eut pas besoins d’acquiescer.

Viens maintenant ! Le magnifique regard s’apaisa et son souffle au parfum d’hydromel annonça sa bouche.

Dans le bouddhisme tantrique, pour avoir accès à l’extase, au Nirvana, on utilise l’acte sexuel.

Contemplant la face de l’infinie, l’ego se fondant dans le Tout, on ne peux parler de l’indicible. Disons simplement qu’Erwan connu sa « passion  ». L’instant infiniment court et qui pourtant débouche sur l’éternité lui découvrit la face des dieux. Il perdit connaissance.

Quand il se réveilla, il était seul ; un désespoir immense le saisit .Il voulut mourir. Il saisit alors le sabre, dégaina la splendide lame aux reflets glacés et appliqua la pointe sur son thorax ; un goutte de sang perla, il se souvint des paroles d’Anna .Hurlant de rage, il tentait d’arrêter la pulsion de mort qui poussait la pointe vers son cœur. C’est alors qu’il remarqua accroché à son avant bras un long cheveu blond, qui brillait dans la pénombre de la grotte. Le monde de l’homme et des dieux unis dans la même beauté, la part du divin en chacun de nous, la beauté de l’univers dont cette créature ridicule rend pourtant témoignage, le choix de penser , la liberté de vivre , le courage d’aimer .Il baissa le sabre , et resta quelques instant debout à l’entrée de la grotte , le regard posé sur la rivière marine aux doux reflets qui évoquaient le magnifique regard dans lequel il s’était noyé le temps d’un soupir .Il ressentit pour la première fois cette douleurs qui dorénavant l’accompagnerait , soit calme oh ma douleur dit le poète ,

Il se dirigea vers sa maison, pour découvrir le prix qu’ils devaient payer en tant qu’homme.

Arrivé devant son le pen ti , il trouva la porte fermé , quelque chose avait changé , il se dirigea vers celle de son père , elle était en ruine . Il courut enfin vers sa forge et là trouva trois hommes occupés à forger : il se retournèrent le regard terrifiés ! Taddou ! Leur père compris à l’instant. Dans le monde des dieux l’échelle du temps est l’éternité ! Comment expliquer !

Alors il dit simplement la vérité, le peuple celte est proche de la nature et des dieux, et ce jour était la fête de Samain, le jour où les portes séparant les vivants des morts s’ouvrent !

On lui dit que son épouse avait été emportée par une étrange maladie, que son père puis après son décès, Ann  s’était occupé d’eux, que Loïc vivait toujours, qu’ il avait prédit que tu reviendrais car il savait où tu étais.

Erwan  ne dit mot et demanda à se rendre sur la tombe de leur mère et de leur grand père ; sur les stèles ornées de croix celtiques il déposa un branche de gui .Puis il descendît au port de se rendit chez Ann ; ce fut un choc de revoir son ami si vieux, mais Ann déjà prévenu ne broncha pas ; Erwan lui demanda son pardon et le remercia ; il lui donna tout l’argent qu’il avait épargné avant de partir .Ann lui accorda son pardon. Il chercha ensuite Loïc ; le géant  n’avait pas tant changé que cela ; ils se regardèrent puis tombèrent dans le bras l’un de l’autre. Il resta à son invite, pour un sobre dîner. Quand Loïc lui tendit une coupe de chouchen leurs regards se croisèrent, leurs mains se tendirent, leurs doigts s’entrecroisèrent, mais aucun mot ne sortit de leur bouche car comment parler de l’indicible : « celui qui parle ne sait pas celui qui sait ne parle pas «.

Le temps passa .

 
 
par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Jeudi 27 avril 2006

Il quitta très tard l’auberge et emprunta pour s’en retourner , le sentier qui longe l’aber ,afin de savourer le rythme apaisant du ressac de la rivière marine sous la lune qui éclairait son chemin .A un endroit le chemin traverse la forêt . Soudain là devant lui il ne savait comment ,se tenait une longue forme blafarde sous la faible clarté lunaire oscillant avec le vent marin .C’ était une femme , sa longue chevelure blonde dénouée flottait ,immobile , elle semblait attendre Erwan.

Inquiet il posa machinalement la main sur la  poignet du sabre ;

Qui est tu ?

Avec lenteur , elle tourna son visage vers lui et il reçu le choc d’une incroyable beauté .Des yeux de ce vert que la mer prends avant la tempête reflétaient la lumière comme ceux des loups

Tu me connais mais tu m’ignores

Tu me cherches mais tu as renoncé à me trouver

Tu m’aimes depuis longtemps mais tu ne veux pas l’avouer

Tu m’appelles mais tu ne connais pas mon nom

Les mots ondulaient comme des serpents hypnotisant Erwan .

Que veux tu ?

Toi !

Tu es folle sorcière !

Folle non ,mais sorcière peut être , je te veux et  c’est toi qui viendra à moi. Un sourire plus blanc que la lune illumina son visage .

Erwan rugit en faisant jaillir l’acier bleu de la lame du sabre , mais la pointe ne menaçait plus que les échos d’un rire moqueur .

Quand il pénétra dan son pen ti tout la maisonnée dormait . il comprit que le temps de l’innocence était finit que la prophéthie d’Ann allait s’accomplir . Tel Eve au jardin d’Eden ,il avait voulu goûter au fruit du savoir ,et devrait en payer les conséquences .Il se glissa dans le lit clos le cœur serré , l’angoisse au ventre .

Le lendemain il n’eut pas cœur à descendre au port avant le travail , et il forgea le sabre tel qu’on lui avait demandé .Il pressentait le drame et prenait tendrement ses enfants dans ses bras vigoureux ce qui ne manquait pas de les interroger .

Le soir venu il resta sur le pas de la porte tard le soir fumant contre son habitude une pipe .Un verre de cidre à la  main, il laissait son âme errer .

Vers minuit environ comme il en jugea sur les étoiles il se réveilla de son assoupissement .

Elle se tenait devant lui ,sa robe de lin laissant deviner un corps magnifique .

Tiens ! elle lui tendit une coupe aux reflets précieux .

Il releva la tête vers la coupe ,  dans un état second ; c’était de l’hydromel ,la boisson des dieux , du chouchen pour le vulgaire , mais d’une qualité hors du commun .Contre toute prudence il but .

Elle s’agenouilla à ses côté et lui dit  :

Tu vas connaître le savoir  

Tu vas savoir l’impensé

Tu vas penser l’inconnu

De l’inconnu tu seras

Sous l’emprise de  la puissante boisson il ne bougea pas , et prenant sa main elle la porta à sa bouche .

Tu es à moi , demain tu sera en moi

Adieu mon seigneur .   

Une torpeur profonde emporta Erwan jusqu’au matin ; il se réveilla sur le pas de la porte, éreinté .

Il pensait avoir rêvé ,ou plutôt il l’espérait .Encore une fois il se rendit à la forge sans détour .Il

travailla sur le sabre afin d’obtenir un poli qui donne liberté aux éclairs bleutés de l’acier

trempé . Le soir il mangea sobrement avec sa famille , des pommes de terres et du lait ribot .

Ils veillèrent tous ensembles mais assis près de l’âtre il restait silencieux . Chacun ayant été se

couché il sortit et commença à descendre machinalement vers le port .Sur le chemin il

s’approcha d’une petite grève de galets et commença à chercher quelques petits galets plats ,

quand il releva la tête ,elle était là nue irradiant une blancheur nacrée , se dissimulant à peine

de sa chevelure qui lui descendait jusqu’au pieds , elle semblait venir de la rivière , mais ses

pieds ne laissaient que quelques rides sur la surface de l’eau sombre cachant l’abrupt de

l’aber .

Elle ne dit qu’un mot : ERWAN !

Elle tendit la main découvrant son buste superbe et ces courbes subtiles qui convergeaient vers des profondeurs sombres et envoûtantes ; ce faisant elle le conduisit non loin de là vers une caverne dissimulée jusque là . Envoûté , il la suivait ; sans un mot s’allongeant sur des fourrures elle l’attira à lui .

 

 

par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 25 avril 2006

Avec un peu de chance , le pétrole sera trop cher avant que les technologies de remplacement soit prêtes et surtout rentables , nous pourrions alors bénéficier d’un merveilleux moment de flottement .La vie normale à la dimension des besoins simples et naturels de l’homme , serait de retour ; imaginez que les voitures restent au garage , qu’il ne soit plus possible de travailler quotidiennement à près de cent kilomètre de son habitation , que les «  fin de semaine «   chacun reste chez lui au lieu de se précipiter sur les routes en quête d’un improbable bonheur consommable , où chaque instant est calibré , afin de répondre aux exigences d’une société qui croit acheter l’impalpable «  à prix cassé ».

Cela ne vous rappelle t il rien ? Le dimanche matin vous retrouverez votre voisin chez le boulanger et vous achèterez non pas 12 croissants mais 4, parce que vous êtes 4 dans la famille, vous discuterez, de quelques événements locaux, et ce sera le petit déjeunez en pantoufle et en famille ; Oublions que votre femme aurait du passer la matinée à faire la cuisine car il y a du bon dans notre futur, pour les femmes , pendant ce temps , vous gouterez à sa juste valeur ce jour béni au sens propre comme au sens figuré , et vous ne ferez rien , c’est tout .Certain irons à la messe les autres attendront gaillardement au café d’en face et feront leur tiercé .Le rôti dominical attends en dégageant son savoureux parfum , vous aurez pris la précaution de mettre à chambrer un bon bordeaux , et vous lirez votre journal qui ne parlera de rien d’important , c’est bien ce qu’on lui demande .

Le repas traînera en longueur et vous irez prendre le café sous la tonnelle . Pour les sportifs ( du dimanche) , point de télé , mais le plus minable match de foot possible entre les équipes locales et si vous êtes un vrai sportif du dimanche vous commenterez depuis la buvette où on sert un petit blanc bien frais .

Les familles avec enfants irons se promener soit au parc pour les citadins soit dans les bois , ( pas de grands mots on de dira plus :randonnées ) , l’été ce sera à la rivière et les gamins sauteront de joie dans 50 cm d’eau glacée , mais c’est promis on ira plus à walibi . Certains iront rendre visite à quelques amis et on sortira pour l’occasion la voiture encore pleine de la poussière de la dernière sortie .

Le soir , allez , on se met devant la télé et on finit les restes devant le film du dimanche soir .

On peut imaginer que d’autres liront en écoutant un concert sur France musique .Demain il faudra prendre le bus , ou pourquoi pas la micheline qui aura repris du service , d’autre iront à pied ou en vélo , et pas de scoot pour les ados , à pied comme tout le monde .

Imaginez un peu ,dans le bus , ou le trolley bus , ou le tram enfin , vous pourrez même parler à votre voisin , qui ne ressemblera plus à monsieur Spok de star trek avec son mp3 .Je suis presque certain que vous discuterez du prix de la patate et pas de celui du baril de brent ….., ou alors peut être même de politique !!!!!! Vous serez à l’heure , ça c’est sur , car pas d’embouteillage . Ah au fait n’oubliez pas que votre compagne vous a demandé de passer chez le boucher et l’épicier pour le repas du soir ( non, non ! vous avez bien compris , pas de supermarché ,le petit commerce est redevenu rentable ) , et en descendant du bus vous achèterez votre journal au petit kiosque sur le trottoir de l’avenue .

Je n’irai pas plus loin , je sais que pour certain cela rappellera quelque chose , de même pour les adorateurs d’Audrey Tautou dans Amélie Poulain(dont je suis ) , pour les autres je vous en prie pas de panique , ce n’est qu’une fiction , allez voir à la fenêtre votre supermarché chéri est toujours là ainsi que le smog au dessus de votre tête , votre fils ne réponds pas à votre question , il a bien toujours son mp3 vissé sur l’oreille et la télé est bien en permanence allumée , tout va bien tranquillisez vous ; les offres pour 3 jours tout compris au Maroc avec randonnée à chameau de 5 à 7 , sont toujours sur la table de l’ordi sur lequel la petite dernière chat avec sa copine de la maternelle .

Saint pétrole priez pour nous que les horreurs que j’ai évoqué n’arrivent jamais ! Voilà qui remplacera à mon avis la bénédiction pascale urbi et orbi .

Pour ce qui me concerne , j’ai affiché la courbe des prix du brut et je met des petits drapeaux à chaque victoire remportée par les marchés de la spéculation .

par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 22 avril 2006

VOICI LA SUITE DE AN ERWAN BARADOS , c’est décidemment trop long et je crois préférable au bout de deux pages de laisser digérer l’éventuel et exceptionnel lecteur

 
 

Ce jour là, ce jour qui décida de tout, Erwan avait commencé sa journée comme à l’accoutumée. Il s’était levé juste avant que le soleil n’émerge au dessus de la ligne d’horizon, afin d’assister à ce spectacle qui le transportait, il ne savait pourquoi .Dans la maisonnée tout le monde dormait dans les lits clos, il poussa tendrement sa femme et se dirigea vers l’âtre ? Tisonna les braises encore rougeoyantes, jeta quelques branches puis sortit une tranche de gros pain noir à la farine de sarrasin. Il coura le long du ria vers le port, l’aube pointait, les derniers bateaux mettaient à la voile, Erwan se tenait sur le môle ; en passant ses amis le saluèrent depuis les embarcations :Erwan ! O vont dezi ? (Dans cette langue il n’y a pas de bonjour on parle de choses et d’autre après le prénom, là c’est : tu y vas ? (Au travail bien surs !)) . Avel a vad ! Bon vent !

Il attendit, bientôt les premiers rayons pointèrent, l’émotion de ce nouveau jour, cette mer qui appelle, cet infini dont il entend le ressac léger à l’étale de la marée haute, le saisirent avec force ; il ferma les yeux, seule la chaleur du soleil et le clapotis des vagues le rappelait à la réalité. Il resta là quelques instants puis s’en retourna directement à la forge. La vie reprenait ses droits, chacun vacant déjà à ses occupations.

Il travailla tous le jour , le soir venu , alors qu’il pensait avoir fini avec son ouvrage , un jeune hobereau , s’approcha de sa forge sur son beau cheval ; degemer mad aotrou ; le seigneur lui rendit son salut ; j’ai besoin de toi forgeron ; je veux que tu reforges ce sabre ! Il lui tendit le sabre en le tenant par le fourreau, marquant ainsi son respect pour l’artisan ; Erwan saisit la poignée vivement et dégainant alors que l’autre tenait toujours l’étui il sectionna d’une rapide volte en arrière un oignon suspendu à une solive , l’attrapa dans sa main libre et le tendit : tiens manges ça et dis moi pourquoi , de toute évidence ce sabre est parfaitement affûté !tu es habile forgeron , voilà pourquoi je viens à toi ; je veux que tu modifies la courbure , elle doit être de telle sorte que la force maximum au moment de la frappe se trouve à la jonction du dernier tiers de la lame , je veux que tu fasses une trempe sélective sur le tranchant de sorte que le dos soit plus mou que le tranchant ;

Aotrou , sauf votre respect si je fais ça ,la lame va se déformer !

C’est exactement ce que je veux, ainsi si l’acier de cette lame comme je le crois est exceptionnel, contre une autre arme, la lame se déformera mais ne se brisera pas !

Etrange ! D’où tiens tu ça !

J’ai vu un jour un sabre qui venait de l’orient !

Je reviendrai à la nouvelle lune. Prends cet acompte !

Le galop emporta le cavalier.

Perplexe Erwan machinalement examina le sabre puis le glissa dans sa grosse ceinture de flanelle ; pour aujourd’hui cela suffisait il verrai demain. Il décida de descendre à l’auberge.

La nuit tombait, la mer miroitait presque silencieusement sous le reflet de la lune descendante ; l’auberge sur le quai, portes ouvertes dégorgeait son flot de marins ivres .Repoussant un matelot qui titubait il entra, s’attabla et interrogea la salle cherchant un ami sobre pour parler .Il y a avait Loïc au fond, seul devant une pinte de cidre. Loïc ,Echu eo an devez ?; Ya !sur !Erwan ,!Le tavernier déposa une cervoise , Erwan resta silencieux longtemps sans que l’autre ne s’en offusque , puis il lui dit : à quoi penses tu Loïc ?

Comment tu sais que je pense à quelque chose de particulier ?

 Alors Loïc ?

Mon âme est ailleurs, loin, là bas tu sais où.

Loïc portait bien mal son prénom car il n’avait rien d’un petit louis ou alors comme le petit jean de robin de bois, ancien cap Hornier et harponneur c’était un géant ;

Après de nombreux embarquements pour la pêche à la morue, plusieurs passages du Horn il était revenu pour vivre paisiblement de ce que lui rapportait sa barque à voile, trop heureux d’être vivant.

Souvent il racontait ses terribles aventures, à Erwan qui resterait toujours à terre ,ça il le savait !

Le cap Horn, la terre de feu et puis Santiago bien sur .Là bas il avait fait une curieuse rencontre ; Loïc n’était pas marié, il trouvait que c’était une trahison quand on partait comme ça ; chacun connaît le comportement des marins dans les ports ! Lors d’une escale à Santiago, il se trouva sur les quais nez à nez avec deux marins ivres qui voulaient forcer une jeune indienne ; au sens propre il prit l’un des marins pour taper sur l’autre. Des lors entre ces deux êtres que tout sépare , une relation inhabituelle en ces temps là se noua ; ce sauvage de marin éprouva des sentiments d’une intensité mais aussi d’une délicatesse presque incongrue . Loïc disait : tout le temps qu’il resta à Santiago la vie prit une épaisseur, une texture, une valeur, un sens, une saveur qu’il n’avait jamais éprouvé ; le soir ils allaient ensemble regarder le pacifique, les choses toutes simples avait un goût puissant, il se sentait vraiment un homme ; dans sa gigantesque paume, la minuscule main de l’indienne se noyait et ses yeux bleus reflétait les yeux sombres voilés, par la chevelure noir de jais. Pour les autres tout cela paraissait ridicule, mais il ne se remit jamais du jour ou il vit la petite silhouette s’éloigner quand le voilier appareilla.

Loïc aimait parler de ça, car il disait, que malgré sa souffrance il avait touché à quelque chose qui était de l’ordre du divin !

En parlant encore ce soir avec Loïc, c’est Erwan qui réalisa qu’il cherchait, à vivre ce transport qui donne au monde et à la vie cette saveur sans pareille ; il comprit qu’il était cruel de désirer cela, mais sentait qu’il ne pouvait se résoudre à ne jamais l’éprouver, il pressentait le danger d’un tel désir, même au cas ou il pourrait l’assouvir.

Maintenant il comprenait ce manque, c’était une aspiration à éprouver la subtilité du monde, comme un désir d’ivresse qui modifie la perception qu’on a de choses et des êtres ; finalement c’était assez simple, cette perception de la beauté du monde il voulait la partager, et il n ‘y a que deux personnes avec qui on peut le faire, dieu et un véritable  amour !

 La question était, pouvait on prétendre à vivre de tels sentiments quand on était un pauvre forgeron, et si on pouvait simplement l’imaginer comment les autres pouvaient ils envisager qu’une telle chose soit concevable sans en être choqué.

Avoir lu en cachette chez le recteur de la paroisse tant de livre avait il corrompu sa nature simple et originelle lui faisant désirer ce qui ne lui était pas accordé pas sa condition, ou alors  il y a avait t-il quelque chose qui lui soit propre qui conditionna cet état d’esprit, était ce sa nature ?

Ils parlèrent longtemps, heureux de découvrir réciproquement des sentiments dont ils avaient hontes.

A SUIVRE S'IL VOUS PLAIT

par anton ar gwillou publié dans : alceste.overblog.net
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Images Aléatoires

Calendrier

Avril 2006
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus