la vie en 24/36

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Et voilà, c’est fini, on ne parle plus de la Birmanie !
Le dictateur peut recommencer à tuer et torturer !
Non il y a beaucoup plus important maintenant :
Il faut sauver les régimes spéciaux !
Au passage on a appris qu’un Japonais valait au moins mille bonze.
Chiffre approximatif des tués par le régime lors des manifestations.
Un japonais, un journaliste est mort tué par un tir de M16.
Le japon a vivement protesté et coupé ses subventions, enfin c’est qu’il prétend
Mais j’en doute .
 

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Jeudi 4 octobre 2007
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J’ai déjà raconté sur ce blog, comment le destin instrumentalisé par ma mère ( ? est ce le contraire ?) a fait que je suis devenu médecin. J’avais envie de décrire la médecine à travers les yeux de ma mère mon regard d’enfant, ma vision d’adulte découvrant ce monde et peut être si j’en ai le courage ce que j’en pense maintenant.

Ma mère est très frustrée, et elle a passé son temps à regretter ce qu’elle n’a pas fait ou vécu, mais que de toute façon elle n’aurait jamais osé faire ou vivre car elle n’est pas du style à prendre de risque avec le statut social et les apparences .Elle a beaucoup rêvé, y compris de choses interdites, et j’ai hérité d’elle ce penchant, mais elle n’est jamais passée à l’acte, moi si.

Son père instituteur ayant fait Verdun, hussard noir de la république, lui donna une éducation, puritaine qui n’avait rien à envier à celle des quakers. Comme moi elle se réfugia dans les livres, et l’écriture .Une série d’ouvrage devait dramatiquement (pour moi) marquer son imagination : « les hommes en blanc »  de Soubiran.

Institutrice, mariée à un instituteur, à une époque où l’on donnait des leçons de choses et une histoire que les agents de propagandes soviétique auraient validé, elle me proposait enfant, des idoles et des héros comme Pasteur qui alliait à ses yeux tous les critères pédagogiques propres à éclairer les jeunes forces de la nation. Elle ignorait que c’était un biologiste (et non un médecin) qui travaillait à l’équivalent actuel de l’INRA ! Quand je le lui fis remarquer un jour, elle prit un air pincé, et je l‘imaginais très bien sabrant dans la biographie officielle du héros républicain.

Dans le petit village de mon enfance, nous avions un médecin dont il faut bien reconnaître qu’il n’en n’existe plus d’exemplaire. Il savait tout faire. Dans l’enfance j‘ai eu deux fractures du poignet ; l’une fut réduite et plâtrée par lui l’autre par un chirurgien ; il n’y a aucune différence. Il a accouché ma mère pour ses deux enfants, et j’ai l’impression en tant qu’obstétricien qu’il a plutôt bien travaillé. Il faisait les radios et avait même un agrément pour cela. Ma mère l’adulait littéralement et compte tenu de sa charge de travail et de l’époque il avait un sacré statut social. Dans le village c’était un notable au même titre que le châtelain et mon père, même si ce dernier  tenait plutôt le rôle du commissaire politique ….

C’est dans ces années que ma mère imagina pour moi un destin médical. Elle ajouta à la galerie des héros médicaux le professeur B pour ses transplantations cardiaques, et n’allez pas lui expliquer que pour les autochtones de couleur il passait pour un Docteur Mengele ! Pour elle, il y a des gens, comme ça  auxquels on ne touche pas : Kennedy , Saint Exupery , et n’allez pas les dénigrer en disant que l’un et l’autre ont eu une vie sentimentale très « riche» !

Elle m’administra quelques piqûres de rappel médical, en rendant visite au bon docteur P dressant le plan de ma future carrière.

Qu’est ce que j’en pensais ? Rien, ça ne m’intéressait pas, je n’étais pas impressionné, sauf par la caverne d’alibaba que représentait la salle de jeu des ses filles, moi qui n’avait guères de jouets, et je trouvais déjà que ce monsieur était bien occupé et peu présent. Ce dont je me souviens surtout c’est la façon dont il portait son stéthoscope : les embouts sous les oreilles et non pas comme le font les internes péteux ,en travers du cou. Il était du sud et de belle corpulence, ce qui ne devait pas manquer de stimuler ma mère qui a toujours reproché à mon père sa taille.

J’ai bien dû jouer au docteur, puisque mon père me l’a affirmé le jour où il me conseilla vivement de faire médecine (vu que selon lui je n’avais pas le niveau pour autre chose ….) .Moi en tout cas je ne m’en souviens pas, c’est dire ma passion précoce pour ce métier …

Ma mère avait un rapport très ambiguë avec les médecins, car si elle les admirait (du moins je le crois mais finalement je n’en suis pas certain, c’était peut être plus subtile que ça) elle n’allait jamais les voir et ce d’autant plus que dès que je fut opérationnel , je ne manquais pas d’être mis à contribution ; nonobstant cela , elle commençait toujours qu’il s’agisse d’un confrère ou de moi par expliquer ce qu’il fallait penser et faire de son cas  ….Mais je crois que dans la profession c’est assez courant n’est ce pas .

Je ne me souviens pas avoir été intéressé, enfant puis adolescent, par ce métier, et je n’ai jamais lu « les hommes en blanc », ni « les Thibaud » ni quoi que ce soit qui parle de médecine c’est dire.

Les métiers qui me faisaient rêver c’était instituteur, menuisier, et pour finir la chimie, mes passions la littérature la mer les voyages et très tôt, les arts martiaux , les sports individuels . J’ai déjà raconté comment j’avais fait ce contrat avec mon père stipulant que j’acceptais de tenter le concours de médecine, mais une seule fois escomptant bien le rater .Lorsque je fut reçu, à mon grand étonnement, je me suis dit que si  tout le monde trouvait ça difficile, je ferais peut être mieux d’en profiter.

La médecine, les études j’ai trouvé ça parfois intéressant, mais au bout du compte je regrettais de ne pouvoir comme mes camarades avoir une vraie vie d’étudiant et pour tout dire une vraie vie tout court. J’ai d’emblé éprouvé de la défiance pour ce monde où je pressentais que je n’étais qu’un intrus, où je n’étais que toléré car n’étant pas de cette caste. J’ai tout de suite mesuré la distance entre l’image et les faits, sa petitesse et parfois même sa cruauté qui bien qu’au contact de la souffrance, me paraissait inhumain, déshumanisé.

C’est dans une maïeutique douloureuse que je devins médecin, et je suis resté un médecin dubitatif, atypique comme disent certains .Cela me permet d’être encore capable de regarder mes patients comme des êtres et non comme des cas ou pire des chèques !!Pourtant je dois reconnaître une chose, c’est que ce chemin laborieux, éprouvant, m’a beaucoup fait avancer dans ma quête spirituelle, dans la connaissance de moi-même, dans mon regard et mon approche de l’autre.

C’est ainsi que je suis devenu médecin, je vous en dirai plus sur mon expérience, il reste que je ne saurai jamais quel homme j’aurais été si je n’avais pas été médecin. J’ai toujours imaginé que ma vie aurait été plus simple car les médecins on une particularité peu connue qui explique beaucoup de chose, mais ce sera dans un autre post   .

 
 
Par anton ar gwillou - Publié dans : alceste.overblog.net
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