Sur la plage,
Vigoureuse nage,
Je nais à la grève matricielle,
Ébloui de cette lumière de miel.
Je m’allonge serein,
Sur le sable marin.
Je te vois, moi petit enfant,
Ton château de sable façonnant.
Je me vois toi ne pensant pas,
Je te vois moi n’étant pas.
Ce château, fier oracle
De ma vie il dit la débâcle.
Le flot nerveux inonde sauvage,
Sans âme, ton bel ouvrage.
Sans soupir tu le relèves.
Mais la lame sans trêve,
Le réduit à ce qu’il est,
Sable, et sable tu redeviens.
Toi aussi minable terrien
Tu regardes ton triste destin,
Ce château que tu reconstruis sans fin.
Viens petit gars
Pourquoi ne laisses tu pas
La mer et le destin agir à leur guise,
Afin que vite tu profites de la brise
Qui te laisse aller plus loin,
Et vivre selon ton besoin.
Fier Ulysse tu retrouveras Ithaque ton île,
Et ta chère pénélope, si habile
À tisser et défaire sa toile
Si belle , révélée par son voile.
Fin de ton voyage sur terre,
Heureux tu seras de retrouver ta « mer » !
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